RINCA ET KOMODO
Rinca et Komodo sont deux îles
situées dans le large passage entre les
îles de la Sonde de l’Est - celles que nous venions de visiter (de Timor
à Florès) et les îles de la Sonde de
l’ouest ( Sumbawa et Lombok que nous allions visiter). Le détroit entre elles est large (35 milles environ) et très profond
(300 m) et de très forts courants N-S le traversent. C’est une véritable
barrière naturelle, telle que la végétation et la faune de part et d’autre du
détroit ne sont pas les mêmes.
Sur Rinca et Komodo et quelques
autres îles du détroit vivent les rois des lézards, les fameux « dragons de
Komodo ». Ce sont des reptiles qui ont peu évolué et ont gardé cet aspect
effrayant et repoussant des animaux de la préhistoire. On ne peut pas débarquer
sur ces îles où l’on veut, comme on veut : il faut se rendre à des points
d’entrée du Komodo National Park qui couvre toutes les îles du détroit. Là on
prend un billet d’entrée pour le parc et on paye aussi les services,
obligatoires, d’un guide.
Le 24 juillet nous quittions donc
Labuanbajo (ouest de Florès) pour l’île de Rinca, à une quinzaine de milles au
sud et plus exactement pour Loh Buaya qui donne accès au site et aux dragons.
Beau paysage sauvage à admirer en chemin…
Des bateaux charters, en plus ou
moins bon état, amènent des touristes au site dès sept heures du matin.
Certains restent la nuit et font la fête
mais la plupart repartent vers les 17h. Ils s’amarrent en marguerite au
ponton d’accès au site ou à proximité.
Des pêcheurs viennent aussi passer la nuit amarrés au ponton. Ils vivent sur leurs pirogues, y dorment , y cuisinent...
Nous avons mouillé un peu avant le fond de la baie et le ponton, suffisamment loin d’eux pour ne pas trop les entendre !
Les dragons de Komodo peuvent
mesurer jusqu’à trois mètres et peser plus de cent kilos. Ils ne sont pas seulement
hideux, ils sont aussi très dangereux.
D’ailleurs, comme il y a un petit kilomètre à faire pour aller du ponton au
bureau des gardes, on trouve, appuyées contre les parois de la cabane en bout
de ponton, des fourches d’au moins deux mètres de long à la disposition des
visiteurs pour tenir à distance les dragons que l’on pourrait rencontrer en
chemin ! Les gardes eux-mêmes en sont toujours munis.
Entre la guérite et le camp des gardiens vit une bande de macaques de Bali, toujours prêts à récupérer quelque nourriture offerte par les visiteurs ...
Entre la guérite et le camp des gardiens vit une bande de macaques de Bali, toujours prêts à récupérer quelque nourriture offerte par les visiteurs ...
Les dragons s’attaquent à beaucoup plus gros
qu’eux, aux sangliers, aux cerfs et même aux
énormes buffles qui habitent ces îles. Ils les attaquent aux pattes :
leur salive contient un poison violent qui tue leurs proies, en quelques jours
pour les plus petites, en quelques semaines pour les buffles mais toujours très
efficacement : il suffit donc aux dragons d’attendre ! Ils n’hésitent pas à
s’attaquer aux quelques paysans du coin et même à quelques touristes imprudents.
L’un d’entre eux serait mort suite à ses blessures ! De toute évidence les
gardes en ont peur, ne cessent de nous mettre en garde et avancent avec précaution
dans la brousse. Même la progéniture des dragons se méfie d’eux ! : les bébés
dragons ne sont pas plus tôt nés qu’ils montent en haut des arbres et y restent
quelques années, le temps de grossir et grandir, pour ne pas être mangés par
leurs parents !
Il faut bien regarder pour le distinguer... |
Ceci dit, il n’est pas très
facile de les voir. Nous avons fait deux balades sur les sentiers de Rinca, une
en partant à 7h du matin et l’autre en deuxième partie d’après-midi mais nous
n’en avons pas vus ! Les seuls que nous ayons vus, une dizaine environ - et que tout le monde a la possibilité de
voir - sont ceux qui traînent en début
et en fin de journée à proximité des cuisines des gardes, attirés par les
odeurs de nourriture ! Nous les avons bien vus quand même, en particulier
lorsqu’ils retournaient à leurs terriers, et avons été très impressionnés et
peu rassurés.
En revanche nous avons vu leurs proies favorites, un cerf et deux ou trois buffles de taille impressionnante.
Même si nous n'avons pas vu de dragons dans la brousse nous avons aimé les balades sur l'île.
En revanche nous avons vu leurs proies favorites, un cerf et deux ou trois buffles de taille impressionnante.
Même si nous n'avons pas vu de dragons dans la brousse nous avons aimé les balades sur l'île.
ON voit nos deux bateaux au mouillage en arrière-plan |
La deuxième et dernière nuit que
nous avons passée dans ce mouillage, François qui lisait dans le cockpit a vu
un des bateaux de charter passer tel un fantôme le long de Yovo, chargé de
touristes en train de faire la fête : il était en train de déraper et se
dirigeait droit sur Ultréïa juste derrière nous. Le capitaine du bateau
dormait, les touristes ne se rendaient compte de rien, continuaient à s’amuser
bruyamment alors que François s’époumonait pour prévenir Ultréïa et se démenait
pour faire comprendre la situation aux touristes. Finalement ils se sont rendu
compte du danger et ont réveillé le
capitaine mais c’est François d’Ultréïa, alerté par les cris, qui a évité la
catastrophe de justesse en repoussant avec bien du mal le bateau tamponneur !
Il se demande encore comment il a réussi
vu sa taille : sa proue aurait pu être sérieusement endommagée, son étai être
arraché et son mât tomber ! Il a eu beaucoup de chance !
Le lendemain nous partions pour
Komodo, bien décidés à voir des dragons en pleine brousse…
Pour aller de Rinca à Komodo il
faut emprunter le détroit de Linta bien connu pour ses forts courants,
tourbillons et mascarets. Nous
appréhendions un peu… Effectivement il a fallu tenir bon la barre pour
maintenir Yovo sur son cap mais tout s’est
bien passé et nous étions à Komodo en un temps record !
Le mouillage et l'entrée du parc...
Le mouillage et l'entrée du parc...
Nous n’avons pas eu davantage de
chance et n’avons vu, là encore, que les dragons qui rôdaient du côté des
cuisines des gardes ! Ils étaient plus amorphes que ceux de Rinca et tout aussi
répugnants. Geneviève, qui avançait sans trop regarder devant elle, a été
rappelée à l’ordre par un garde : elle se dirigeait droit sur l’un d’eux ! On
nous avait bien précisé qu’il ne fallait jamais se trouver à moins de trois
mètres d’eux.
Ils vendaient des dragons en bois très ressemblants...
La balade sur l’île était encore plus belle que sur Rinca.
Nous avons mouillé à deux milles
de là sur l’île Punja, devant la plage à
l’opposé de celle de Pink Bay, encore appelée Red Bay à cause de la couleur
nettement rose de son sable chargé de débris de corail rouge. Cet endroit est
très connu des bateaux de charter qui y amènent leurs clients pour la beauté de
la plage et pour le superbe jardin de corail à quelques mètres du mouillage.
Impossible d’y mouiller nous-mêmes vu le nombre de bateaux charter sur place
mais nous y avons passé plusieurs heures à admirer plage, coraux et poissons.
D’un coup d’annexe nous sommes allés voir un village à quelques milles de là. Mis à part une ou deux personnes et quelques enfants les habitants étaient totalement indifférents à nous. C’est rare en Indonésie. Ils étaient musulmans mais il n’y a pas de lien de cause à effet car nous avons souvent été chaleureusement accueillis dans des villages musulmans. La plupart des maisons, sur pilotis, étaient en pauvre état à part une ou deux. Devant presque toutes les maisons des gousses de tamarin séchaient. Nous avons vu deux gars en train de sculpter des dragons de Komodo comme ceux vus sur le site près de la maison des gardiens.
D’un coup d’annexe nous sommes allés voir un village à quelques milles de là. Mis à part une ou deux personnes et quelques enfants les habitants étaient totalement indifférents à nous. C’est rare en Indonésie. Ils étaient musulmans mais il n’y a pas de lien de cause à effet car nous avons souvent été chaleureusement accueillis dans des villages musulmans. La plupart des maisons, sur pilotis, étaient en pauvre état à part une ou deux. Devant presque toutes les maisons des gousses de tamarin séchaient. Nous avons vu deux gars en train de sculpter des dragons de Komodo comme ceux vus sur le site près de la maison des gardiens.
Tous les jours nous sommes allés
faire du snorkeling devant Pink Bay. Même
François d’Ultréïa s’y est mis car le jardin de corail, magnifique, était à deux pas de la plage. Nous y sommes
restés deux jours.
De là nous avons fait un
troisième mouillage dans la zone, à Gili Lawa Laut.
Un mouillage très rouleur que nous avons quitté le lendemain même bien que l’endroit soit très joli.
Un mouillage très rouleur que nous avons quitté le lendemain même bien que l’endroit soit très joli.
Ultréïa |
Yovo |
Nous sommes ensuite retournés à
Labuanbajo pour faire de l’avitaillement avant le départ pour l’île
indonésienne de Sulawesi située à environ 180 milles au nord de Flores.
SULAWESI
Sulawesi, anciennement les
Cébèles, est une île indonésienne aux formes alambiquées. Il nous a fallu une
trentaine d’heures pour traverser la mer de Florès depuis Labuanbajo et
atteindre sa côte sud. Traversée moitié moteur et moitié voile mais sans
problème. Nuit devant une plage non protégée de la houle, Kloangbalanda, et départ le lendemain matin pour Makassar, la
capitale de Sulawesi, à une trentaine de milles au nord. Nous avons mouillé
entre l’île Lei Lei et Makassar.
La population de Sulawesi s’élève
à 16 millions d’habitants dont plus du
dixième vit à Makassar. Y cohabitent
différentes ethnies ( les Makassars, les Bugis et les Torajahs ) et différentes
religions, ce qui engendre parfois des heurts. Même là où les chrétiens sont
majoritaires on ne peut oublier les musulmans dont l’appel à la prière des
muezzins dure entre une demie-heure et une heure, voire plus ! En fait
après l’appel lui-même ils retransmettent les prières, le sermon etc… ! Comme
la ville de Makassar est majoritairement
musulmane, qu’il y a de très nombreuses mosquées qui veulent bien sûr toutes se
faire entendre et que, de plus, nous y étions pendant la période du ramadan, au mouillage c’était absolument insupportable. Parfois cela a duré de 19h à 2h du
matin ! Heureusement nous ne sommes
pas restés longtemps à Makassar…
Quelques vues de Makassar...
Quelques vues de Makassar...
Au petit matin il y a très peu de circulation |
Au mouillage nous avons retrouvé Nicolas et Pascale de Badinguet qui nous ont conseillé
de partir de là pour visiter le pays Torajah, ce que nous avons fait. Un québécois sur Dorénavant, un Sun Odyssée 40, qui en revenait, nous a recommandé une
compagnie de car et un guide et nous sommes partis en nous arrangeant avec
Ousman, notre water–taxi, pour faire garder nos bateaux pendant notre absence
de cinq jours et quatre nuits.
Le trajet aller, effectué de
jour, nous a permis de voir les très beaux paysages montagneux de l’intérieur
du pays où la culture du café et du riz domine.
Neuf heures de car (compagnie Metro) dont nous sommes sortis en forme car les routes étaient bonnes et, si les suspensions du car étaient fatiguées, les sièges étaient larges et très confortables.
Une bonne nuit dans un hôtel très correct et nous étions d’attaque le lendemain pour visiter le sud du pays Torajah avec Astro contacté depuis Makassar et qui nous attendait à notre arrivée à Rantepao, dans le hall de l’hôtel .
Neuf heures de car (compagnie Metro) dont nous sommes sortis en forme car les routes étaient bonnes et, si les suspensions du car étaient fatiguées, les sièges étaient larges et très confortables.
Une bonne nuit dans un hôtel très correct et nous étions d’attaque le lendemain pour visiter le sud du pays Torajah avec Astro contacté depuis Makassar et qui nous attendait à notre arrivée à Rantepao, dans le hall de l’hôtel .
Entre Makassar et le pays Torajah
les Ultréïa ont dénombré 500 mosquéesl ! Mais nous ne craignions pas que le
ramdam recommence : Le pays Torajah est chrétien à 85% !
Le premier matin Astro nous a
conduits au marché local de Rantepao et nous a montré des produits particuliers
à Sulawesi dont le « pangi », un fruit dont ils tirent une pâte noire
qui sert à confectionner un plat de viande très goûteux, le « pamarrasan »,
ainsi que les « tamarillos », des fruits dont la forme
ressemble aux tomates Roma et dont ils font un jus de fruits délicieux.
Astro nous montrant du fruit à pain coupé en lamelles et séché |
AjoutA droite deux tas de tamarillos |
Des lamelles de pangi séchées |
La sauce noire du "pamarassan" préparée à partir du panji |
Du betel et du tabac |
Du porc boucané |
Le Sulawesi, comme la plupart des
îles que nous avons visitées, produit du café : il s’en vend beaucoup au
marché. Ils le moulent fin comme de la farine car ils font le café « à la turque » en le mélangeant à de l’eau
très chaude et en laissant déposer le marc au fond de la tasse. Je suis la
seule de nous quatre à le trouver bon ! Nous y avons vu aussi du sucre de palme
moulé en forme de bol.
Ce qui nous intéressait beaucoup
plus était, à deux pas de là, la foire aux buffles qui avait lieu justement ce
jour-là ! Une sorte de Saint-Christophe en Brionnais indonésien en quelque
sorte!
La vie des habitants du pays
Torajah tourne autour de la mort et du culte des ancêtres. Ils ne peuvent
enterrer les membres de leur famille sans sacrifier un, deux, dix, trente, …
cent buffles selon leur richesse d’où l’importance de ce marché qui attire
beaucoup de locaux. Les éleveurs viennent de Sulawesi mais aussi de toute l’Indonésie,
de Java et de Sumatra entre autres, pour vendre ici leurs bêtes où elles
atteignent des prix faramineux : entre 4000 et 8000 euros pour les buffles noirs
selon leur âge et entre 8000 à 13 000 euros pour les plus prisés, les buffles à robe
claire ou mieux encore avec des taches blanches et les yeux bleus. Leurs cornes
ont une grande envergure. Plus les buffles sont gras et mieux c’est : nous
avons à plusieurs occasions vu des jeunes chargés de les gaver d’herbe ou de foin.
Ils ne cessent de s’occuper d’eux, de les brosser, de les arroser. Ils les
attachent aussi pendant quelques heures la tête tirée vers le haut pour leur
renforcer les muscles du cou !
Un maquignon et son client en train de discuter le prix |
Les porcs font aussi partie des
animaux sacrifiés lors des funérailles et il s’en vend beaucoup sur ce marché,
ficelés sur des plateaux de bambou. Il faut compter entre 2000 et 4000 euros
pour un cochon.
Retour par le marché de
l’artisanat à usage des locaux. Nous y avons vu de très beaux chapeaux coniques
au tressage d’une grande finesse. Dommage qu’ils aient été si grands !
Nous y avons aussi admiré de beaux sabres à la lame de trois couleurs correspondants à des trempages différents et au manche en ébène joliment sculpté. Nos deux François n’ont pu résister et s’en sont acheté chacun un. Rien à voir bien sûr avec les « keris » ( ou kriss) que j’allais pouvoir admirer au musée de Makassar, des pièces datant du XVème au XVIIIème siècle.
Moi, j’ai craqué pour un panier en vannerie qu’ils utilisent pour conserver les fruits. Il est beaucoup trop grand pour la place que nous avons sur Yovo et je me demande encore comment je vais faire pour le ramener !
S’y vendent également des coqs de combat au plumage chatoyant.
Nous y avons aussi admiré de beaux sabres à la lame de trois couleurs correspondants à des trempages différents et au manche en ébène joliment sculpté. Nos deux François n’ont pu résister et s’en sont acheté chacun un. Rien à voir bien sûr avec les « keris » ( ou kriss) que j’allais pouvoir admirer au musée de Makassar, des pièces datant du XVème au XVIIIème siècle.
Moi, j’ai craqué pour un panier en vannerie qu’ils utilisent pour conserver les fruits. Il est beaucoup trop grand pour la place que nous avons sur Yovo et je me demande encore comment je vais faire pour le ramener !
S’y vendent également des coqs de combat au plumage chatoyant.
Nous avons loué des motos pour
pouvoir aller visiter la région guidés par Astro, lui-même à moto. Geneviève
et François d’Ultréïa s’en sont
chacun loué une ; moi qui ne sait pas conduire les motos me suis
installée derrière mon François !
Circuler dans Rantepao, une ville très animée, n’était pas facile. En dehors, aucun problème tant qu’on était sur des routes bitumées mais il fallait être expert en ce genre d’engin pour s’en sortir dans les chemins de terre surtout quand ils étaient grossièrement empiérés. D’ailleurs le deuxième jour, Geneviève, en voulant sortir d’une ornière, est tombée dans un fossé profond de deux mètres et s’est foulée la cheville ! Elle a poursuivi le reste de la découverte de la région derrière son François !
Circuler dans Rantepao, une ville très animée, n’était pas facile. En dehors, aucun problème tant qu’on était sur des routes bitumées mais il fallait être expert en ce genre d’engin pour s’en sortir dans les chemins de terre surtout quand ils étaient grossièrement empiérés. D’ailleurs le deuxième jour, Geneviève, en voulant sortir d’une ornière, est tombée dans un fossé profond de deux mètres et s’est foulée la cheville ! Elle a poursuivi le reste de la découverte de la région derrière son François !
Après le marché aux buffles Astro
nous a emmenés voir les sépultures Torajah, si particulières. Nous sommes
d’abord allés jusqu’à une falaise près de Lemo, dans le sud du pays.
Là, dans des tombes creusées à la main sont ensevelis des familles de nobles. Au-dessus de ces sépultures, dans des sortes de galeries, on peut voir les fameux « tau-taus », leurs effigies en bois. Une de leurs mains est tendue pour recevoir les offrandes, l’autre levée bénit ceux qui sont venus.
Au pied de la falaise les catafalques qui ont servis à amener les dépouilles...
Puis il nous a conduits jusqu’à un grand arbre près d’un village, Tampagallo, dans le tronc duquel de petites niches avaient été aménagées. Il s’agit de tombes de nourrissons. En grandissant l’arbre finit par englober ces petites sépultures. Les habitants pensent que grâce à la force de l’arbre l’esprit des bébés rejoint plus facilement le ciel.
Il nous a ensuite menés à une grotte contenant de très anciennes sépultures, de vieux sarcophages de bois, des ossements et des tau-tau remontant à un siècle.
A Suaya, près de Sangalla nous avons aussi vu des sépultures royales surmontées elles-aussi de tau-tau. Ici, contrairement à toutes les autres que nous avons vues, les effigies avaient été sculptées à l'image des défunts. Astro nous a aussi dit que pour les funérailles de ce roi et de cette reine 200 buffles et 400 cochons avaient été sacrifiés !
Les falaises sont utilisées pour creuser les sépultures mais aussi n'importe quel gros rocher et ils sont nombreux dans la région.
Là, dans des tombes creusées à la main sont ensevelis des familles de nobles. Au-dessus de ces sépultures, dans des sortes de galeries, on peut voir les fameux « tau-taus », leurs effigies en bois. Une de leurs mains est tendue pour recevoir les offrandes, l’autre levée bénit ceux qui sont venus.
Au pied de la falaise les catafalques qui ont servis à amener les dépouilles...
Puis il nous a conduits jusqu’à un grand arbre près d’un village, Tampagallo, dans le tronc duquel de petites niches avaient été aménagées. Il s’agit de tombes de nourrissons. En grandissant l’arbre finit par englober ces petites sépultures. Les habitants pensent que grâce à la force de l’arbre l’esprit des bébés rejoint plus facilement le ciel.
Il nous a ensuite menés à une grotte contenant de très anciennes sépultures, de vieux sarcophages de bois, des ossements et des tau-tau remontant à un siècle.
A Suaya, près de Sangalla nous avons aussi vu des sépultures royales surmontées elles-aussi de tau-tau. Ici, contrairement à toutes les autres que nous avons vues, les effigies avaient été sculptées à l'image des défunts. Astro nous a aussi dit que pour les funérailles de ce roi et de cette reine 200 buffles et 400 cochons avaient été sacrifiés !
Les falaises sont utilisées pour creuser les sépultures mais aussi n'importe quel gros rocher et ils sont nombreux dans la région.
Nos balades à moto dans le pays
Torajah nous ont permis d’admirer les rizières, de plus en plus belles au fur
et à mesure que nous montions.
Les paysans inondent une petite parcelle d’eau, y jettent des graines de riz, attendent que les graines germent et que les pousses atteignent une vingtaine de centimètres, et ils repiquent les pousses en les espaçant de quinze à vingt centimètres dans des parcelles beaucoup plus grandes et qui ont été retournées et bien inondées. Certaines rizières sont mieux irrriguées que d'autres mais dans l'ensemble dans cette région de Sulawesi ils font deux récoltes par an. Il y a de nombreuses espèces de riz. Pour certaines il faut utiliser une machine pour égrainer les gerbes. Pour une nouvelle espèce il suffirait de secouer la gerbe pour que les grains tombent…
Au pays Torajah, où que l’on porte le regard on voit des maisons et des greniers traditionnels. C’est un des grands atouts touristiques du pays.
Les paysans inondent une petite parcelle d’eau, y jettent des graines de riz, attendent que les graines germent et que les pousses atteignent une vingtaine de centimètres, et ils repiquent les pousses en les espaçant de quinze à vingt centimètres dans des parcelles beaucoup plus grandes et qui ont été retournées et bien inondées. Certaines rizières sont mieux irrriguées que d'autres mais dans l'ensemble dans cette région de Sulawesi ils font deux récoltes par an. Il y a de nombreuses espèces de riz. Pour certaines il faut utiliser une machine pour égrainer les gerbes. Pour une nouvelle espèce il suffirait de secouer la gerbe pour que les grains tombent…
Le riz est lié en petites bottes qui sont mises à sécher et retournées régulièrement |
Les propriétaire prennent grand soin de leurs buffles qu'ils utilisent pour retourner la terre |
Au pays Torajah, où que l’on porte le regard on voit des maisons et des greniers traditionnels. C’est un des grands atouts touristiques du pays.
On ne sait exactement ce qui a inspiré la forme très particulière de leurs toits. Certains disent que ce sont les bateaux dans lesquels leurs ancêtres sont venus et qui leur ont servi d’abri au début, d’autres qu’ils rappellent les cornes des buffles qui sont pour eux symboles de richesse.
Les anciens toits et certains récents, construits à l’ancienne, sont faits de bambou, mais on voit de plus en plus de toits de tôle peinte en rouge, bien entretenus ou tout rouillés.
Traditionnellement la toiture est entièrement faite de bambou |
Sur le pilier avant de la maison sont exposées les cornes de tous les buffles qui ont été sacrifiés par le propriétaire pour ses chers disparus.
Sur la façade de la maison il y a aussi une ou deux sculptures de bois représentant des têtes de buffle ainsi qu'un coq ou un dragon..
Toutes les murs sont décorés de motifs rouge orangé, blancs et noirs et de représentations de buffles et de cochons.
Ces maisons sont habitées. Elles sont toutes orientées vers le nord : logique, nous sommes dans l’hémisphère Sud ! Les fenêtres sont petites : ce sont en fait des panneaux coulissants que l'on remarque difficilement au milieu des panneaux décorés. L'intérieur est très sobre...
De nos jours les gens ont tendance à se faire construire des maisons classiques sur lesquelles ils mettent un toit traditionnel. Devant toutes ces maisons, bien alignés et comme autant de signes de prospérité, de trois à dix voire douze greniers à riz, plus petits mais construits sur le même modèle que les maisons et tous remplis de riz qu’ils vendent sur place ou exportent.
Le deuxième jour Astro nous a
proposé d’assister à des funérailles dans son village, Tikala, au nord -ouest
de Rantepao. Il s’agissait des funérailles d’une dame de 75 ans et de son fils de 50 ans, tous deux décédés
plus d’un an auparavant. C’est la coutume : les corps sont conservés à
l’aide de piqures de formol, ils sont ensuite habillés et installés dans une
pièce de la maison où les membres de la famille font comme si ils étaient
vivants : ils leur apportent à manger, à boire, des cigarettes, ils leur
parlent… En un an voire plus tous les membres de la famille, qui peuvent être
éparpillés dans plusieurs îles d’Indonésie ou même vivre à l’étranger, ont eu le
temps de s’organiser pour venir aux funérailles ainsi repoussées. La famille a
aussi eu le temps d’acheter, voire d’engraisser buffles et cochons et de tout
bien prévoir pour l’événement. En cadeau Astro nous avait fait acheter
des cartouches de « kreteks », des cigarettes parfumées aux clous de
girofle.
Il s’agissait du deuxième jour de la cérémonie. Nous sommes arrivés vers 11h. Devant la maison et sur trois côtés avaient été montés de vastes baraquements en bambou créant en leur centre une sorte d’esplanade. Dans un angle, un catafalque. Un des baraquements étaient plus luxueux que les autres : tapis rouges, divans, guirlandes… Il servait à accueillir l’une après l’autre les différentes branches de la famille avant de les rediriger sur les autres baraquements.
C’étaient les petits-enfants de la défunte, vêtus de magnifiques tenues traditionnelles, qui étaient chargés d’accueillir les invités. Nous-mêmes avons été accueillis par une des filles de la défunte et tout de suite dirigés vers un baraquement très bien placé face à la plateforme d’accueil. Nous avons donc très bien pu suivre la cérémonie qui se déroule selon un protocole très élaboré. Ce jour-là il y avait peut-être deux cents invités !
Il s’agissait du deuxième jour de la cérémonie. Nous sommes arrivés vers 11h. Devant la maison et sur trois côtés avaient été montés de vastes baraquements en bambou créant en leur centre une sorte d’esplanade. Dans un angle, un catafalque. Un des baraquements étaient plus luxueux que les autres : tapis rouges, divans, guirlandes… Il servait à accueillir l’une après l’autre les différentes branches de la famille avant de les rediriger sur les autres baraquements.
C’étaient les petits-enfants de la défunte, vêtus de magnifiques tenues traditionnelles, qui étaient chargés d’accueillir les invités. Nous-mêmes avons été accueillis par une des filles de la défunte et tout de suite dirigés vers un baraquement très bien placé face à la plateforme d’accueil. Nous avons donc très bien pu suivre la cérémonie qui se déroule selon un protocole très élaboré. Ce jour-là il y avait peut-être deux cents invités !
Divers membres de la famille sont venus nous dire bonjour, nous avons offert nos kreteks et on nous a apporté du thé, du café et des gâteaux. Peu après les deux cercueils qui étaient sur des terrasses ont été posés chacun sur un brancard et ont été ornés de dentelle et de rubans.
Deux personnes portaient un gong sur lequel frappait régulièrement la deuxième personne.
Le cortège a fait le tour de la maison et de l’esplanade au moins quatre fois pendant que le maître de cérémonie parlait des deux défunts. Il était alors environ 13h ou 13h30 et des collations nous ont été offertes, de la viande et du poisson en sauce et du riz servis dans des plats en carton plié. C’était une gentille attention mais ce n’était pas bien bon !
Après le repas a eu lieu le
sacrifice de deux buffles : il s’agissait de couper la carotide d’un coup
de sabre bien administré et le buffle devait normalement tomber à genoux et se
vider rapidement de son sang. Le premier
buffle a été raté et il a fallu un deuxième sabreur plus habile pour y
parvenir. Pas très chouette à avoir ! Tout a heureusement été vite fait
pour le second buffle.
A peine leur dernier souffle rendu, des hommes, certainement des bouchers professionnels, se sont mis à enlever la peau des buffles en un seul morceau de façon très experte. Cette peau sera ultérieurement vendue.
Puis la viande a été coupée en gros morceaux puis en plus petits. Une partie de cette viande a été jetée dans une marmite faite à partir d’un bidon de 200 litres et dans laquelle bouillait depuis quelque temps de l’eau assaisonnée de sel et d’épices. L’autre partie a été donnée aux différentes branches de la famille. Quatre cochons ont aussi été sacrifiés, leur peau a été immédiatement grillée au lance-flamme et leur viande a été découpée et distribuée comme celle des buffles !
A peine leur dernier souffle rendu, des hommes, certainement des bouchers professionnels, se sont mis à enlever la peau des buffles en un seul morceau de façon très experte. Cette peau sera ultérieurement vendue.
Puis la viande a été coupée en gros morceaux puis en plus petits. Une partie de cette viande a été jetée dans une marmite faite à partir d’un bidon de 200 litres et dans laquelle bouillait depuis quelque temps de l’eau assaisonnée de sel et d’épices. L’autre partie a été donnée aux différentes branches de la famille. Quatre cochons ont aussi été sacrifiés, leur peau a été immédiatement grillée au lance-flamme et leur viande a été découpée et distribuée comme celle des buffles !
Ensuite est venu le moment où les deux cercueils ont été poussés par les
uns, tirés par les autres, et avec bien
du mal, le long d’un plan incliné en
bambou jusqu’en haut du catafalque.
Les funérailles durent en général cinq jours pendant lesquels les parents, les amis, les gens des villages voisins vont continuer de venir et d’être ainsi reçus par la famille des défunts. Ce sont les petits-enfants de la défiunte qui recevaient les invités et les menaient en grande cérémonie jusqu'à la plateforme d'accueil où on leur apportait boissons et nourriture avant de les diriger vers les loges en bambou comme la nôtre.
Pour cette fonction ils portaient une tenue d'apparat. Les jeunes femmes en particulier avaient de belles tenues traditionnelles.
Le cinquième jour les cercueils seront déposés dans le tombeau familial, hors-sol. Quelques jours après, les baraquements et le catafalque seront démontés et la vie reprendra comme avant. Il faut savoir que, sur les 34 buffles achetés et les 14 exhibés, seuls 7 ou 8 auront finalement été sacrifiés. Et les cornes des buffles sacrifiés iront décorer le pilier frontal de la maison familiaile...
Au retour Astro nous a expliqué que les funérailles peuvent être reportées de plusieurs années, sept , huit et plus, par exemple si les enfants des défunts sont très jeunes, et aussi que, si le corps d’une personne a disparu ( pour cause de naufrage par exemple), la famille va dans la montagne, attrape l’esprit de la personne décédée avec un sarong, un grande pagne, et c’est cela que l’on met dans le tohmbeau. Tout est donc prévu…
Les funérailles durent en général cinq jours pendant lesquels les parents, les amis, les gens des villages voisins vont continuer de venir et d’être ainsi reçus par la famille des défunts. Ce sont les petits-enfants de la défiunte qui recevaient les invités et les menaient en grande cérémonie jusqu'à la plateforme d'accueil où on leur apportait boissons et nourriture avant de les diriger vers les loges en bambou comme la nôtre.
Pour cette fonction ils portaient une tenue d'apparat. Les jeunes femmes en particulier avaient de belles tenues traditionnelles.
Le cinquième jour les cercueils seront déposés dans le tombeau familial, hors-sol. Quelques jours après, les baraquements et le catafalque seront démontés et la vie reprendra comme avant. Il faut savoir que, sur les 34 buffles achetés et les 14 exhibés, seuls 7 ou 8 auront finalement été sacrifiés. Et les cornes des buffles sacrifiés iront décorer le pilier frontal de la maison familiaile...
Au retour Astro nous a expliqué que les funérailles peuvent être reportées de plusieurs années, sept , huit et plus, par exemple si les enfants des défunts sont très jeunes, et aussi que, si le corps d’une personne a disparu ( pour cause de naufrage par exemple), la famille va dans la montagne, attrape l’esprit de la personne décédée avec un sarong, un grande pagne, et c’est cela que l’on met dans le tohmbeau. Tout est donc prévu…
Le dernier soir, voyant combien
la cheville de Geneviève la faisait souffrir,
Astro a contacté un de ses amis chiropracteur. Celui-ci a manipulé
Geneviève une première fois avec succès et il est revenu pour une ultime
manipulation deux heures plus tard, juste avant que nous reprenions le car pour
Makassar. Geneviève était ravie car le résultat était assez miraculeux :
plus de douleur et une marche quasi normale ! Il lui aurait fallu quelques
autres séances mais c’était impossible.
Quelques photos souvenirs de notre hôtel ...
puis soirée au resto pour manger une dernière fois les spécialités locales, entre autres le « pa’piong », de la viande de porc ou de poulet, des légumes et de la noix de coco cuits dans des tronçons de bambous et le . Délicieux
Retour de nuit très confortable sur Makassar : climatisation, sièges-couchettes et couvertures. Au petit matin nous avons retrouvé Makassar, sa circulation, sa pollution et son bruit.
Le bâtiment était moderne néanmoins il avait sa toiture typique du pays Torajah |
puis soirée au resto pour manger une dernière fois les spécialités locales, entre autres le « pa’piong », de la viande de porc ou de poulet, des légumes et de la noix de coco cuits dans des tronçons de bambous et le . Délicieux
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La pa'piong |
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Du "pamarassan" au poisson ... |
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... servi avec du riz noir |
Retour de nuit très confortable sur Makassar : climatisation, sièges-couchettes et couvertures. Au petit matin nous avons retrouvé Makassar, sa circulation, sa pollution et son bruit.
Deux jours après nous quittions
le Sualwesi pour l’île de Lombok. Nous continuons d'avancer vers l'ouest...
Prochain article : Lombok, Lembogan et Bali
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