Francine
est partie le 4 septembre passer deux semaines en France pour voir sa maman et
aussi son petit fils Nils ainsi que ses parents. Je suis resté sur YOVO bien amarré sur corps mort à Serengan, une baie très abritée, mais aussi assez poluée, proche de Denpasar, la ville la plus peuplée de Bali. Comme Serengan n'est pas desservie par des transports publics, la location d'un scooter était impérative, mais heureusement peu chère, aux alentours de 20€ par semaine.
Pris
en main par François et Geneviève, les copains d’Ultreïa, nous sommes partis
sur nos scooters de location jusqu’à Amed, petit village balnéaire sur la côte
nord-est de Bali.
Quatre-vingt-dix kilomètres effectués au milieu de cette circulation folle propre à
l’Asie : pendant presque tout le trajet, nous avons eu l’impression de ne
pas quitter la ville tant cette partie de l’île est urbanisée.
Avec, quand même, de belles images en cours de route...
Nous
nous sommes arrêtés à TIRTA GANGGA (eaux du Gange) ou Water Palace, résidence de
repos du rajah local construite en 1948 mais endommagée en 1963 par une
éruption du volcan Agung voisin et restaurée depuis.
Amoureux de l’eau,
le rajah avait fait construire ce palais à proximité d’une source qui alimente
toujours les piscines et bassins et également les belles rizières avoisinantes.
De nombreuses statues représentant tout un bestiaire ornent les bassins où l’on peut se baigner ou se promener
sur des plots qui permettent de les traverser.
L'équipage d'Ultreïa ne peut évidemment pas résister au plaisir d'une nouvelle traversée!
Comme précisé plus tôt, les piscines du palais sont ouvertes au public
Les monstres du théâtre balinais
Amed
est un village touristique assez charmant, sans plus car essentiellement composé
de restaurants et d’hôtels. On y extrait le sel de manière artisanale en
faisant évaporer l’eau de mer d’abord dans des bassins, puis dans des demi- troncs de palmier évidés. Les femmes et enfants essaient avec une insistance un peu pesante de
vous vendre des sachets de sel de leur production.
Une première évaporation se fait dans un bassin, puis ensuite dans les troncs de palmier
Au
sud de Amed, nous avons parcouru la très belle route en corniche. Sur chaque
plage, des centaines de pirogues à balancier qui nous ont fait comprendre pourquoi nous n'avons pratiquement pas pêché en Indonésie où les eaux sont manifestement surexploitées par des petites pirogues comme celles-ci ou par de plus grands bateaux. Ces bateaux, souvent mal ou pas du tout éclairés, peuvent représenter un certain risque lors des traversées de nui t: nos amis québécois de MYRIAM ont fait l'amère expérience d'une collision nocturne qui, heureusement, ne s'est soldée que par des dégâts matériels.
Comptez les pirogues sur la plage
Elles sont belles, n'est-ce pas?
Nous
sommes restés deux jours à Amed dans un petit hôtel très agréable sur la plage
avant de revenir à Serengan sur nos bateaux respectifs.
Vue des chambres et la plage de sable gris avec le volcan Agung.
Bénédiction des fidèles
Poussins colorés à vendre
Offrandes
De retour au mouillage de Serengan, nous avons eu la chance d'assister à la fête hindouiste de KUNINGAN qui rassemble des dizaines de milliers de fidèles. Une ambiance de grande ferveur au temple de Serengan, et aussi beaucoup de marchand et de restaurateurs en plein air qui profitent de l'aubaine.
Bénédiction des fidèles
Procession dans les rues
Poussins colorés à vendre
Offrandes
Et, bien évidemment, des milliers de motos à garer
JAVA :
BROMO et BOROBUDUR
Nouveau
départ, en compagnie de François et Geneviève pour l’île voisine de Java.
Cette
fois, nous avons choisi de partir en voiture avec chauffeur et guide car la
distance est importante, Java étant beaucoup plus grande que Bali, environ
1000 km de long. C’est aussi le cœur économique de l’Indonésie avec la capitale
Jakarta et plusieurs autres villes très peuplées et donc une circulation
routière incroyable, beaucoup plus importante qu’à Bali.
La
première journée a été consacrée à rejoindre le fameux volcan Bromo. On
traverse le détroit entre Bali et Java sur des ferries qui partent toutes les
demi-heures 24 heures sur 24.
Apres dix heures d’un impressionnant gymkhana automobile effectué par Ronnie notre chauffeur accompagné de Safri, nous sommes arrivés à Bromo.
Il est difficile de décrire les conditions de circulation. Nous avons suivi la route principale qui traverse l'île d'est en ouest, empruntée par des milliers de camions, de cars, de voitures, et par des dizaines de milliers de motos. Tout ce monde zigzague, double en permanence, la plupart du temps dans des conditions dangereuses. La ligne continue (même lorsqu'elle est double!) n'est jamais respectée et on compte sur l'accélération pour dépasser. C'est souvent une question de centimètres! Sur une route à trois voies, nous avons vu arriver face à nous une voiture doublée simultanément par deux cars! Heureusement, on ne roule pas très vite, entre 50 et 80 km/h, et, curieusement, il y a apparemment peu d'accidents. Il n'empêche que nous n'en menions pas large!
Après
une nuit au pied du volcan dans un « hôtel » plutôt miteux, nous
sommes partis en 4x4 à 3h30 du matin pour voir le jour se lever sur le
volcan : magnifique mais le belvedère est progressivement envahi par des
centaines de touristes qui jouent des coudes pour être au premier rang. Le
spectacle est néanmoins grandiose.
Le spectacle du volcan apparaissant et se modifiant sans cesse au lever du soleil est fascinant, bien sûr, mais aussi un peu décevant car le public ne peut pas effectuer l'ascension jusqu'au bord du cratère. Pas de fleuves de lave comme au Stromboli en Italie ou bien au Piton de la Fournaise à la Réunion, pas d'explosions aussi spectaculaires qu'effrayantes (et même dangereuses) comme à Tana au Vanuatu. On se sent un peu frustré, mais heureux néanmoins en dépit du froid glacial à cette heure du matin...
Ensuite
nous sommes montés en haut d’un cratère de sable au fond duquel on peut voir un
lac. Malheureusement, le vent faisait voler le sable très fin ce qui gênait considérablement la
visibilité. Là encore, les centaines de visiteurs se sont retrouvés au même
endroit…
Avec le vent de sable, on a du mal à deviner lac au fond du cratère
La flotte de 4X4 qui emmène les touristes au volcan : comme vous le voyez, nous n'étions pas seuls!
Reprise
du gymkhana routier pendant une douzaine d’heures. Ronnie conduit seul - Safri n’ayant
apparemment pas la possibilité (ou le droit…) de le remplacer - imperturbable,
mais l’inquiétude monte parmi les passagers à tel point que, sans nous être
consultés auparavant, nous décidons de ne pas effectuer le voyage de retour en
voiture mais en avion.
Stupeur de nos guides qui finalement comprennent que nous trouvons le trajet trop
fatigant (c’est l’excuse que nous avons utilisée). Le lendemain, nous passons à
l’aéroport de Jogyakarta où nous pouvons réserver des billets peu chers sur le
vol du soir pour rentrer à Bali, à notre grand soulagement.
Il
s’agit du plus grand monument bouddhiste au monde, construit aux environs de l’an
800 et abandonné avec le déclin du bouddhisme à Java. Couvert de cendres
volcaniques lors d’une éruption volcanique en 1006, il a été redécouvert au
début du XIXème puis plus récemment classé au patrimoine mondial et restauré
complètement par l’Unesco.
La
base est un carré de 113m de côté.
Il y a quatre galeries carrées couvertes de 2600 bas-reliefs extraordinaires représentant le passage de la vie terrestre et de ses turpitudes au nirvana au fur et à mesure que l’on gravit les degrés du monument.
Comme à Pompei, les cendres volcaniques ont étonnamment bien préservé les fresques et sculptures. Nous avons cependant regretté de ne pas bénéficier d'une visite guidée qui nous aurait permis de comprendre le sens de tous ces bas-reliefs. Prenez cependant le temps de regarder attentivement ces témoignages qui nous viennent du IXe siècle!
Les trois derniers niveaux sont circulaires et comptent 72 stupas, coupoles ajourées, qui renferment chacune une statue de Bouddha. Une pure merveille!
Certains stupas ont été démontés pour permettre d'admirer la statue qu'ils renferment
Nous
avons dû repartir trop tôt et le temps nous a manqué pour bien visiter les
temples de Prambanan où nous sommes arrivés peu avant la tombée de la nuit.
Heureusement, nous avions pu l’apercevoir illuminé la veille en arrivant à
Jogyakarta. Cet ensemble de plus de 50 temples hindouistes a été gravement
endommagé par un tremblement de terre en 2006 mais reste néanmoins splendide.

Copulation animale

Là encore, la jupette était de rigueur!
N'ont-elles pas l'air de comploter contre la rivale de l'arrière-plan?...
Maternité?

Copulation animale
Juste
avant d’arriver tardivement à Prambanan, nous avions fait un arrêt à Kraton,
palais du Rajah de Jogyakarta où une famille confectionne les marionnettes
traditionnelles du théâtre d’ombres hindou en peau de buffle avec des
emporte-pièces fabriqués au moyen de rayons de vélo : ça ne s’invente
pas !...
Rien à voir, je sais, mais je n'ai pu résister à l'envie de vous montrer ce pousse-pousse motorisé...
Le
soir, retour en une heure d’avion sur Bali en toute sécurité cette fois :
ouf ! mais quel beau voyage!...
De Serengan à Lovina Bay
Du mouillage de Serengan au sud-est de Bali, nous sommes partis pour rejoindre Lovina Bay au Nord de Bali, avec escale à Amed où nous étions allés par voie terrestre. Nous, c'est-à-dire Geneviève et François sur Ultreïa et moi sur Yovo pour une de mes rares navigations en solitaire. C'est toujours un peu impressionnant de se retrouver seul sur le bateau quand on est habitué à naviguer en couple, même si on maîtrise la manoeuvre. Impressionnant, mais aussi assez excitant.
J'appréhendais un peu cette remontée de la côte est de Bali car pour venir de Lombok via les îles Gili, nous avions bénéficié d'un très fort courant portant d'environ 6 ou 7 noeuds du nord-est qui pouvait nous gêner fortement pour faire le trajet inverse. Des amis nous avaient conseillé de longer la côte est de Bali au plus près et ce conseil s'est avéré fort juste car nous n'avons pas été ralentis par le courant.
Aucune difficulté, donc, jusqu'au mouillage de Amed, presque en face de l'hôtel où nous avions logé deux semaines auparavant.
Le lendemain nouveau départ à l'aube et trajet tout aussi facile jusqu'à Lovina Bay avec la prise, fait extraordinaire en Indonésie où le poisson est rarissime comme expliqué précédemment, d'un très beau thazard d'environ 1m20, poisson excellent, que nous avons partagé avec les amis à l'arrivée.

Lovina Bay est un mouillage sympa, bien protégé, où nous avons eu la grande joie de retrouver nos amis Jocelyn et Anne de Sundance que nous avions quittés
presque un an et demi auparavant en Nouvelle Zélande. Nous nous étions suivis depuis le Vénézuela et avions traversé presque tout le pacifique ensemble!
Les retrouvailles ont été chaleureuses comme on l'imagine, mais aussi un peu attristées par leur décision de mettre un terme à leurs quatorze années de voyage maritime pour revenir s'installer en France. Ils restent, bien entendu, des amis chers à nos coeurs.

Pour finir, quelques photos d'une belle régate de pirogues locales qui arrivent à Lovina Bay: de belles voiles très fines, immenses pour la taille des embarcations, et une vitesse impressionnante, mais aussi quelques dessalages...
Prochain article : Kalimantan ou la partie indonésienne de Bornéo
De Serengan à Lovina Bay
Du mouillage de Serengan au sud-est de Bali, nous sommes partis pour rejoindre Lovina Bay au Nord de Bali, avec escale à Amed où nous étions allés par voie terrestre. Nous, c'est-à-dire Geneviève et François sur Ultreïa et moi sur Yovo pour une de mes rares navigations en solitaire. C'est toujours un peu impressionnant de se retrouver seul sur le bateau quand on est habitué à naviguer en couple, même si on maîtrise la manoeuvre. Impressionnant, mais aussi assez excitant.
Ultreïa dans la passe de Serengan au soleil levant
Un piège de pêche devant le volcan Agung
Aucune difficulté, donc, jusqu'au mouillage de Amed, presque en face de l'hôtel où nous avions logé deux semaines auparavant.
Le lendemain nouveau départ à l'aube et trajet tout aussi facile jusqu'à Lovina Bay avec la prise, fait extraordinaire en Indonésie où le poisson est rarissime comme expliqué précédemment, d'un très beau thazard d'environ 1m20, poisson excellent, que nous avons partagé avec les amis à l'arrivée.
Lovina Bay est un mouillage sympa, bien protégé, où nous avons eu la grande joie de retrouver nos amis Jocelyn et Anne de Sundance que nous avions quittés
presque un an et demi auparavant en Nouvelle Zélande. Nous nous étions suivis depuis le Vénézuela et avions traversé presque tout le pacifique ensemble!
Les retrouvailles ont été chaleureuses comme on l'imagine, mais aussi un peu attristées par leur décision de mettre un terme à leurs quatorze années de voyage maritime pour revenir s'installer en France. Ils restent, bien entendu, des amis chers à nos coeurs.

De gauche à droite sur Yovo : Flavius et Morgane ( bateau Galahad), Anne, François, Jocelyn et Geneviève
Sur Ultreïa, François, Jocelyn, François et Anne