AVANT – PROPOS POUR CEUX QUE
CELA INTERESSE...
AVITAILLEMENT SUR UN VOILIER
FAISANT LE TOUR DU MONDE
Un ami de Guyane nous demande de
parler du problème de l’avitaillement. C’est le moment de le faire : nous
venons de quitter un pays riche où l’on trouve tout pourvu qu’on soit prêt à y
mettre le prix, l’Australie, pour un pays assez pauvre, l’Indonésie, où nous
savions que nous allions faire des économies d’une part parce que le coût de la
vie est très bas et que l’on ne risque pas d’être tentés : on y trouve peu
de choses à
part dans quelques grandes ville.
part dans quelques grandes ville.
L’avitaillement dépend de ce que
l’on trouve et du volume dont on dispose sur le bateau. Nos amis de Badinguet
par exemple, avec leur Supermaramu, font des stocks six à sept fois supérieurs
aux nôtres en particulier pour ce qui est du vin et de la viande !
L’eau tout d’abord, le plus
important !
Notre Sun Légende 41 est équipé
au départ de deux réservoirs de 100 litres sous les couchettes bâbord et
tribord du carré et d’un réservoir de 150 litres sous le matelas de notre
cabine, à l’arrière. 350 litres donc au total : c’est très peu et nous
avons acheté fin 2008 un désalinisateur dont nous sommes extrêmement contents (un
ECHOTEC fabriqué à Trinidad que nous pouvons recommander; il fonctionne avec le
moteur et nous fait 40 litres d’eau à l’heure, une eau tout-à-fait bonne à boire;
nous l’avons monté nous-mêmes sans trop
de problèmes). Depuis, finies les corvées d’eau avec les bidons, finie surtout
la crainte de ne pas trouver d’eau : dans certaines zones, aux San Blas
par exemple, il y en a très peu pour les gens eux-mêmes ! Nous pouvons aussi prendre des douches à
l’eau douce… Il n’empêche que nous continuons à faire très attention à la
quantité d’eau douce que nous utilisons ! Les douches justement sont très
rapides… En cas de naufrage nous avons aussi, en pied de mât, quatre bidons de
20 litres toujours pleins à amener dans la survie. Voilà pour l’eau !
Continuons aves les
liquides !
Quand nous partons pour une zone
où il n’y a pas ou peu d’alcool nous faisons un petit stock de bière (une trentaine
de canettes), vin (une vingtaine de bouteilles) et alcools forts (quelque chose
comme six bouteilles, principalement du rhum et du pastis si nous en trouvons).
Pour l’entrée en Indonésie on n’avait le droit qu’à une bouteille d’alcool quel
qu’il soit par personne – on n’avait pas pensé à vérifier ! - mais par
chance nous n’avons pas eu de problèmes avec les douaniers qui n’ont rien
visité… Bonne surprise, en Indonésie on trouve partout de la bière à acheter,
la Bintang, un peu chère (environ 1.15€ la bouteille d’un demi-litre) mais très
correcte. Nous avons toujours aussi un petit peu de Coca-cola et de Sprite que
l’on trouve aussi en Indonésie. Nous stockons tout cela sous le plancher du
carré où Patrick de Awatéa, menuisier de son état, nous a pratiqué des trappes l’an dernier.
Le lait… Nous essayons d’en avoir
toujours huit, dix briques avec nous car nous fabriquons notre propre yaourt.
Elles aussi sont rangées sous le plancher. Le problème est de trouver du lait
en brique ici en Indonésie mais en cherchant bien on a fini par en dénicher. On
a réussi à faire du yaourt avec du lait en poudre mais c’est nettement moins
bon !
Les protéines…
D’abord nous laissons toujours
traîner une ligne à l’arrière du bateau. Mais depuis que nous sommes en
Indonésie nous n’avons rien attrapé ! On se dit souvent qu’on va essayer
de pêcher à la palangrotte mais on ne passe jamais à l’action…
En Australie on ne trouvait à
acheter que des filets de poisson, préparés de la veille ou avant-veille, ou du
poisson congelé ! Donc nous le leur avons laissé ! Des pêcheurs
indonésiens viennent parfois nous vendre
leur pêche, pas souvent car nous pensons qu’ils réservent leur poisson pour les
hôtels et restaurants. Dernièrement nous avons pu leur acheter trois
« carangues à plumes », excellent !
La viande australienne était très
bonne et nous en avons rempli notre freezer (nous n’avons pas de congélateur à
bord), peut-être trois, quatre kilos et nous avons mis le thermostat plus fort
que d’habitude. La viande a gelé et nous avons pu ainsi la garder près d’un
mois ! Nous avions aussi fait un bon stock de jambon, bacon, saucisson
(danois, pas mauvais du tout !) sous vide : nous en avons
encore ! Dès que j’en ai l’occasion je stérilise de la viande que j’ai
cuisinée : j’ai ainsi une douzaine de conserves pour quatre personnes de
poulet, porc, bœuf et bolognaise qui
peuvent se garder très longtemps (six mois à un an). En Indonésie il est
difficile de trouver de la viande à acheter ou alors à des prix exorbitants (35
€ le kilo pour du boeuf). On trouve des poulets tout congelés mais ils
sont difficiles à stocker ou alors il faut acheter un poulet sur pied que l’on
fait tuer et que l’on peut couper en morceaux… Ce que l’on trouve partout ce
sont des boulettes, genre quenelles, au poulet (ou au poisson) et quelque chose
à mi-chemin entre le salami et la viande hachée qu’ils doivent utiliser pour
faire des hamburgers j’imagine. Nous en avons acheté mais de temps en temps,
pour le moral, nous ouvrons une de mes conserves !
Et bien sûr il y a les œufs. Nous
en avons toujours une douzaine sur le bateau. Il y en a à vendre
partout et ils sont bons!
Nous achetons le plus possible de
fruits et légumes dans la limite de la place disponible dans le frigo (j’enveloppe
les légumes dans des torchons pour qu’ils ne gèlent pas et cela marche !) et
dans le hamac tendu à droite dans le carré. J’ai abandonné l’idée du hamac
extérieur car je trouvais que les fruits y desséchaient. Les légumes que nous
utilisons le plus sont les tomates et les oignons et pour les fruits ceux qui
se conservent le mieux sont les pommes : nous essayons donc d’en avoir
toujours avec nous. En Australie on n’en
trouvait que dans leurs immenses supermarchés, ici en Indonésie on va au marché
ou on se fournit aux petits étals le long des routes et rues des villes. Ils ont
d’ailleurs beaucoup plus de goût ! C’est une chose qui nous a beaucoup
étonnés en Australie : la nourriture y est totalement insipide, même les
produits frais (sauf la viande !).
Et bien sûr il y a les boîtes de
conserve métallique et les verrines. Nous leur avons réservé tout un coffre du
carré. Il y a de tout, fruits, légumes, viande, poisson (thon, sardines…),
confiture… A Nouméa nous avions fait un petit stock de pâtés et de cuisses et
gésiers de canard confits et il nous en reste encore !
François a son petit stock de moutarde Maille, trouvé en Australie, dans des équipets derrière les coussins du carré et moi j'ai ma réserve de chocolat noir Lindt trouvé en Australie aussi ou ramené de France mais j’arrive à la fin !
François a son petit stock de moutarde Maille, trouvé en Australie, dans des équipets derrière les coussins du carré et moi j'ai ma réserve de chocolat noir Lindt trouvé en Australie aussi ou ramené de France mais j’arrive à la fin !
Je ne parle pas du beurre, de la margarine,
du café, du thé, ni de l’huile, du vinaigre, des pâtes, du riz et de la graine
de couscous, indispensables et dont nous vérifions le stock régulièrement. Nous
avons aussi cinq à six kilos de farine blanche et complète pour faire du pain si
l’on n’en trouve pas à acheter - ce qui est rare - ou pour les grandes
traversées.
Voilà, je crois avoir fait le
tour de tout ! Vous voyez, nous ne manquons de rien et mangeons
normalement. Le problème est où tout ranger et comment y accéder ! Souvent
il faut tout sortir pour parvenir à l’article désiré ! C’est très vrai du
réfrigérateur qui est un coffre ou plutôt une glacière et je rêve de celui de
Badinguet qui et un vrai frigo avec une porte et des rayonnages… Mais nous
n’allons quand même pas nous plaindre : le voyage que nous faisons est
extraordinaire et fait oublier tous ces petits inconvénients !
Je n’ai pas abordé les problèmes
de ravitaillement en gasoil, essence et gaz.
Pour résumer e n’est pas toujours facile et dès que l’occasion se
présente nous complétons.
(Fait pendant la traversée de la
mer de Flores entre Flores et Sulawesi le 1er août 2012)
LA TRAVERSEE D’AUSTRALIE ( DARWIN
) EN INDONESIE et L’ATTERRISSAGE AU
TIMOR OCCIDENTAL
Nous avons quitté la marina de
Tipperary Waters ( Darwin) le mercredi 20 juin et avons mis le cap sur
l’Indonésie. Nous formions un flotille de quatre bateaux, Ultréïa, Bepci,
Badinguet et nous, bien que Badinguet soit parti après nous. Une traversée de
480 milles que nous avons effectuée en un peu moins de quatre jours. Les deux
premiers jours et demi nous avons eu des vents très faibles, entre 3 et 10
nœuds qui nous ont obligés à alterner voile et moteur pour maintenir une
moyenne d’environ cinq nœuds indispensables si nous voulions arriver de jour à
Kupang.
Nous n’avancions pas vite mais au moins la mer était-elle très calme !
Le samedi matin, le vent s’est enfin levé et est monté progressivement à 13,
puis 18 puis 25 et jusqu’à 30 nœuds ! Et ce qui était une surface plate et lisse
est rapidement devenu une mer très formée avec, vers l’arrivée au Timor, des
creux de quatre mètres ! Nous sommes arrivés à Kupang, capitale du Timor occidental le dimanche vers midi. Nous avions mis un peu moins de quatre jours pour faire cette traversée à la vitesse moyenne très modeste de 5.1 noeuds.
Le Timor comprend deux parties, le
Timor oriental, officiellement Timor Leste, qui est indépendant et le
Timor Occidental qui est la première
des îles de la Sonde pour qui, comme nous, vient de l’Est. En font partie
toutes les îles à l’ouest jusqu’à Lombok, la dernière, juste avant Bali.
Voici une carte ( donnée par Nicolas de Badinguet) montrant les îles de la Sonde ( ou Nusa Tenggara en indonésien ) sauf Sumbawa et Lombok qui se trouvent encore plus à l'ouest.
Mouillage devant Kupang donc, un
mouillage rouleur les deux premiers jours, plus calme ensuite.
Tout près de nos bateaux la pêche allait bon train !
Tout près de nos bateaux la pêche allait bon train !
Nicolas de Badinguet, le plus jeune et le plus
dégourdi d’entre nous, a eu tôt fait de trouver l’agent qui devait nous aider à
faire les formalités. Démarrées le jour-même de notre arrivée elles ne se sont
terminées que six jours après! La réglementation pour l’arrivée des bateaux en
Indonésie a changé en décembre dernier et, comme nous
étions les premiers bateaux de la saison à arriver, nous avons essuyé les
plâtres : agents des douanes, de l’immigration et des services sanitaires
semblaient tout découvrir avec nous !! Le lendemain, en dehors des dites
formalités nous avons commencé à explorer la ville, ses bars-restaurants, son
grand marché.
On ne peut pas imaginer contraste
plus grand entre le monde d’où nous venions, l’Australie aux rues bien propres,
aux parcs bien entretenus, aux autobus rutilants et aux horaires réguliers, aux
supermarchés climatisés où tout est bien rangé et bien étiqueté et le monde de
Kupang ! Ici c’est tout le contraire,
c’est le bazar, l’animation, l’agitation plutôt, le bruit, la saleté, il faut
le dire, mais quel charme, quel exotisme : nous en avions envie et Kupang ne
nous a pas déçus ! Dès le premier soir nous avons été mis au diapason avec
l’appel à la prière lancé depuis la mosquée toute proche du mouillage… suivi
par le baisser des couleurs dans la caserne du coin !
Seul point commun entre ces deux mondes : une population tout aussi agréable, souriante, curieuse du nouvel arrivant, prête à lui parler et à lui rendre service et, chose qui diffère de l’Australie, insistant très souvent pour être prise en photo.
Un problème nous est vite apparu : la langue ! Les indonésiens ne parlent que très rarement l’anglais et nous avons bien regretté de ne pas l’avoir su plus tôt. Geneviève d’Ultréïa nous a fait des photocopies du petit manuel de conversation de son Petit Futé qui est succinct mais nous dépanne et nous nous sommes lancés en commençant par les saluts qui diffèrent selon la position du soleil dans le ciel : « selamat pagi » du lever du soleil jusqu’à 10h, « selamat siang » de 10h à 15h, « selamat sore » de 16h à 18h, « selamat malam »après 18h.
Seul point commun entre ces deux mondes : une population tout aussi agréable, souriante, curieuse du nouvel arrivant, prête à lui parler et à lui rendre service et, chose qui diffère de l’Australie, insistant très souvent pour être prise en photo.
Un problème nous est vite apparu : la langue ! Les indonésiens ne parlent que très rarement l’anglais et nous avons bien regretté de ne pas l’avoir su plus tôt. Geneviève d’Ultréïa nous a fait des photocopies du petit manuel de conversation de son Petit Futé qui est succinct mais nous dépanne et nous nous sommes lancés en commençant par les saluts qui diffèrent selon la position du soleil dans le ciel : « selamat pagi » du lever du soleil jusqu’à 10h, « selamat siang » de 10h à 15h, « selamat sore » de 16h à 18h, « selamat malam »après 18h.
Ici on circule en
« bemo », ces tout petits minibus qui vous prennent et vous déposent
où vous voulez sur leur trajet pour 2000 roupies par personne, soir 18
centimes ! Parfois on n’y est assis que sur une demie-fesse, on peut s’y faire voler son porte-monnaie
comme François d’Ultréïa, mais il y en a partout et tout le temps, c’est très
pratique ! Que ferait la population de Kupang sans ses motos et ses
bemos ?
Les jeunes debout à la portière des bemos racolent les clients et font payer la course |
Les points forts de Kupang sont
ses deux « pasar », ses deux marchés, le Pasar Impres, le plus grand
et le plus joli à mon sens, avec ses étalages colorés de fruits, légumes,
poissons, épices et de quelques produits nouveaux pour nous et le Pasar Oeba,
celui qui est près du port et est fort en odeurs diverses !
Le Pasar Impres
Le Pasar Oeba
Le Pasar Impres
Du sel vendu dans de joli petits paniers |
Devant des caramels "maison" |
Du tofu emballé dans des feuilles de bananes |
Des alevins très proches des bichiques et autres civelles |
Le Pasar Oeba
Ce marché se trouve tout près du port |
![]() |
La jeune femme en noirqui s'avance est Diana dont je vais parler parler un peu plus loin |
![]() |
Le poisson séché est beaucoup plus abordable que le poisson frais pour les populations locales |
C’est en nous baladant dans le marché Oeba que nous avons rencontré Diana, une gentille et jolie indonésienne qui parlait
assez bien anglais et qui, comme nous lui posions, entre autres, des questions
sur les élections en cours, nous a emmenées, Geneviève et moi – nos maris étant
restés sur les bateaux – voir comment cela se passait dans deux bureaux de vote
de son quartier, l’un installé dans une construction provisoire en bambou,
l’autre dans une salle de classe, tous les deux décorés de posters des
candidats, de banderoles et de drapeaux, comme pour une fête. Ici on ne vote
pas dès son arrivée : on s’installe d’abord sur des chaises prévues à cet
effet et l’on attend que l’on vous fasse signe de venir voter. Quand on a voté
on vous demande de tremper le bout de l’index dans une encre violette
indélébile. On a eu l’impression d’élections menées de façon bien organisée,
dans le calme, l’ordre… et la
transparence ? ... Nous pensons que oui.
Les gens des deux bureaux de vote étaient ravis de notre visite et nous
ont même demandé d’être pris en photo avec nous !
le quartier de ... où habite Diana, un quartier rural à deux pas de la vie moderne |
Comme je le disais plus haut les gens adorent se faire prendre en photo, parfois ils veulent voir leur tête sur l'écran parfois ils le font mais sans regarder vraiment : on a nettement l'impression que c'est le fait d'être pris en photo qui compte! Ces photos ont été prises le jour où nous sommes allés à Oeba.
Il y a aussi les petites gargotes
de plein air qui s’installent tous les soirs sur un tronçon de la rue
principale, barrée à cet effet, et où tout le monde semble aller manger le
soir. Cela nous a rappelé Santa Cruz aux Galapagos. On y mange à deux pour deux
et trois euros ! Un beau plat de « nasi goreng » ou de
« mie goreng », du riz ou des pâtes frits avec quelques légumes et un
peu, très peu, de viande, d’œuf ou de poisson, le tout très bon.
Le midi nous avons souvent mangé
à LAVALON, un bar-restaurant tenu par Edwin, un indonésien qui parle un peu
anglais et qui est une mine d’informations ( voitures de location, laverie,
clés 3G… ) pour les navigateurs, les jeunes backpackers et autres touristes qui
s’y retrouvent. C’est là que nous avons fait les plus grande partie des
formalités avec Napa, notre agent.
C’est Edwin, le patron d’Avalon, qui nous a trouvé un guide, Oni, pour nous accompagner à Boti, un village traditionnel animiste à près de 200 kms de là, en direction du nord.
La route offre de jolis paysages de montagne.
De part et d’autre de la route on voit de plus en plus les traditionnelles "maison-ruches" ( maisons en forme de ruche), souvent derrière des maisons plus récentes, en dur avec toit de tôle ou au moins plus classiques t surtout plus pratiques : il n'y a qu'un porte très basse pour accéder aux maisons ruches et aucune autre ouverture. Actuellement ils s'en servent encore pour faire la cuisine, mais autrefois les femmes enceintes y séjournaient le temps de mettre leur enfant au monde et les premières semaines de la vie du bébé.
En chemin, sur les conseils d’Oni nous avons acheté, comme cadeau pour nos hôtes, du « betel », en fait plusieurs choses : des noix de betel fraîches, des lamelles de noix de betel séchées, des sortes d’épis tendre de couleur verte, toujours du betel mais sous une autre forme, et de petits sachets de calcaire en poudre. Ils mâchent tous ces éléments ensemble et cela produit un liquide rouge orangé qui leur teint les dents, la langue et les lèvres et dont hommes et femmes raffolent !
La vue de la côte depuis Avalon |
Les quatre équipages |
C’est Edwin, le patron d’Avalon, qui nous a trouvé un guide, Oni, pour nous accompagner à Boti, un village traditionnel animiste à près de 200 kms de là, en direction du nord.
La route offre de jolis paysages de montagne.
De part et d’autre de la route on voit de plus en plus les traditionnelles "maison-ruches" ( maisons en forme de ruche), souvent derrière des maisons plus récentes, en dur avec toit de tôle ou au moins plus classiques t surtout plus pratiques : il n'y a qu'un porte très basse pour accéder aux maisons ruches et aucune autre ouverture. Actuellement ils s'en servent encore pour faire la cuisine, mais autrefois les femmes enceintes y séjournaient le temps de mettre leur enfant au monde et les premières semaines de la vie du bébé.
En chemin, sur les conseils d’Oni nous avons acheté, comme cadeau pour nos hôtes, du « betel », en fait plusieurs choses : des noix de betel fraîches, des lamelles de noix de betel séchées, des sortes d’épis tendre de couleur verte, toujours du betel mais sous une autre forme, et de petits sachets de calcaire en poudre. Ils mâchent tous ces éléments ensemble et cela produit un liquide rouge orangé qui leur teint les dents, la langue et les lèvres et dont hommes et femmes raffolent !
La route est en très mauvais état
et il n’est pas toujours facile de passer avec nos voitures qui ne sont pas des
4x4.
Le village est très joli et bien entreten et il y fait frais car il est installé à l'ombre d'arbres et arbustes.
Le village est très joli et bien entreten et il y fait frais car il est installé à l'ombre d'arbres et arbustes.
Les membres de ce village très
important, 77 familles soit environ 350 personnes, vivent en autarcie complète,
selon des règles remontant à plusieurs siècles. Ainsi ils continuent de vivre avec une semaine de neuf jours, chaque jour étant dédié à une chose différente :
dans le désordre, le jour des ancêtres, le jour des deux dieux (air et terre),
le jour des enfants, le jour de l’eau et du feu, le jour de la nature, le jour
du travail, le jour de la chance, le jour de la compétition et le dernier, le
neuvième, le jour du repos, comme pour nous le dimanche. C’est le chef, le
rajah, qui décide, d’après son appréciation de leur comportement, quels enfants
feront des études et lesquels resteront au village pour aider aux travaux des
champs. C’est lui aussi qui donne son accord pour les unions. Le voici à gauche
Les villageois se
rassemblent régulièrement pour discuter de la vie du village et pendant toute
la séance mâchent du betel qui donne à leur bouche et leurs lèvres une couleur
rouge orangé, pour eux signe de beauté et signe que les décisions qu’ils vont
prendre seront bonnes. A Boti, sous la direction du rajah, on ne punit pas la
personne qui a commis un délit : on essaye de comprendre pourquoi elle l’a
commis, on en discute avec elle, avec les victimes et avec les autres membres
du village et on essaye de faire en sorte qu’elle ne soit plus tentée de
recommencer. Les crimes à Boti sont avant tout des vols. Hommes et femmes
portent les cheveux longs mais attachés d’une certaine façon selon qu’ils sont mariés ou pas et ils sont
vêtus de leurs sarongs traditionnels. Ils ne parlent pas indonésien mais uniquement leur langue. Physiquement les filles sont plutôt
mignonnes mais les hommes, même jeunes, ont des têtes pas possibles à l'exception du rajah qui a plutôt belle allure.
![]() |
Le trône du rajah |
Ils sont persuadés que le betel leur assure des dents saines! |
Nous avions payé le village pour
nous recevoir et effectivement à notre arrivée avons été bien accueillis en ce
sens que le chef et sa famille nous ont reçus, qu’ils nous a offert des
écharpes, du thé et des gâteaux sucrés
et salés et un peu plus tard un repas – pas bien bon - à base de légumes, riz, viande
( très peu) et des fruits.
Les villageois semblaient bien
connaître notre guide qui, s’il savait beaucoup de choses sur leur culture, ne parlait pas vraiment leur
langue et ne cherchait pas à créer un lien entre eux et nous. Au départ nous
étions tout excités à l’idée de les rencontrer. En fait il n’y a eu aucun réel échange et ils
ne nous ont pas montré la vraie vie du village. Les gens se sont toujours tenus
à l’écart de nous, semblaient en fait avoir été convoqués par le chef pour nous
accueillir, ne s’intéressaient pas à
nous, ne nous souriaient pas, voire nous faisaient la gueule - c’est particulièrement vrai des jeunes
filles chargées (par le chef certainement) de danser pour nous et de nous
montrer les différentes étapes de la confection de leurs sarongs traditionnels,
de l’égrenage du coton au tissage des bandes d’étoffe, un travail entièrement artisanal,
un beau travail.
De plus les danses étaient assez décevantes car très répétitives surtout celle des jeunes filles. Celle des hommes, danse du retour au village après un combat victorieux, était plus spectaculaire.
Des musiciens accompagnaient les danseurs...
Celle jeune femme était la seule souriante du lot, celle qui nous a souvent accompagnés et qui nous a parlé |
De plus les danses étaient assez décevantes car très répétitives surtout celle des jeunes filles. Celle des hommes, danse du retour au village après un combat victorieux, était plus spectaculaire.
Des musiciens accompagnaient les danseurs...
Tout le village assistait au spectacle...
Nous aussi bien sûr, installés à part ...
A un moment ils nous ont invité à nous joindre à eux et François d'Ultréïa nous a régalé d'un spectacle à sa façon!...
Bilan de la journée : au retour nous trouvions que tout compte fait, cela représentait beaucoup de temps et de fatigue (7
heures aller et 7 heures retour par des routes défoncées !) pour
peu de choses et que le plus intéressant finalement avait été ce qu’Oni nous avait dit de cette population! Avec le temps nous n'avons pas vraiment changé d'impression quant à leur accueil mais nous gardons cependant un très bon souvenir de cette excursion...