vendredi 20 juin 2008

SAINTE-LUCIE ET SAINT-VINCENT

(publié le 21 juin 2008)
Sainte-Lucie d’abord puis Saint-Vincent sont deux îles au sud de la Martinique. Ce sont deux états indépendants depuis 1979, tous deux associés du Commonwealth britannique. On y parle l’anglais et le créole.
Elles furent toutes deux l’objet de luttes incessantes entre les Français et les Anglais et Saint-Vincent celui d’affrontements entre les populations indigènes d’une part (Caraïbes, fugitifs et rescapés venus des îles environnantes, en grande partie des esclaves marrons…) et les Français et les Anglais d’autre part.
Sainte Lucie a un fort capital touristique avec une grande variété de paysages donc de nombreuses possibilités d’activités « vertes comme la campagne ou bleues comme le mer » (je cite un de nos guides !). Elle attire d’ailleurs trois fois plus de touristes qu’elle ne compte d’habitants. De plus l’île s’est spécialisée dans les mariages et lunes de miel ! Sainte Lucie est aussi très prisée des Martiniquais et des touristes en villégiature en Martinique qui , vu sa proximité, s’y rendent pour un week-end ou même pour un jour.
Première escale : Rodney Bay tout au nord avec au centre le village de Gros-Ilet, très authentique, assez pauvre mais très joli avec ses cases de bois de toutes les couleurs, et de part et d’autre deux zones touristiques, crées de toute pièce, très « clean », très chères… un contraste un peu déconcertant. On peut espérer que les habitants du village y trouvent des emplois.























Comme souvent un vendeur de primeurs est venu nous proposer ses fruits et légumes en barque. Celui de Rodney Bay était plutôt mal aimable ( nous avions fait le plein en Martinique !) mais son embarcation était assez folklo !



Dans les ruines du fort qui domine la baie a lieu tous les ans un festival de jazz très réputé et nous y étions alors qu’ils installaient les estrades etc...pour le festival qui devait se tenait la semaine suivante. Nous avons regretté de n’y être pas restés car cela en valait vraiment la peine nous a-t-on dit.

Deuxième escale : Marigot Bay, une superbe anse au fond de laquelle se sont installés une belle marina et des hôtels très luxueux. Yovo, lui, est sagement resté au mouillage ! Comme à Rodney Bay il suffit de monter la côte derrière la marina pour retrouver l’autre côté de la réalité saint lucienne, de simples cases de bois, des jeunes désoeuvrés mais aussi des gens tout prêts à discuter.











De Marigot Bay nous avons pris un bus collectif pour aller visiter la capitale Castries où on nous avait conseillé de ne pas aller en bateau (problèmes de sécurité…), une ville pas très jolie mais animée avec un beau marché… Même moyen de transport pour aller sur la côte est et visiter toute la moitié sud ( Anse la Raye et son joli port de pêcheurs, Dennery, Vieux Fort…).












Anse-la-Raye nous a bien plu. C’est un joli village de pêcheurs où nous nous sommes tranquillement baladés. Les hommes vont à la pêche, ravaudent les filets, repeignent les bateaux… et les femmes tiennent des stands d’artisanat pour les touristes que les taxis ou les bateaux de croisière déversent régulièrement. Pas d’autres touristes que nous ce jour-là : agréable !













Troisième escale : Soufrière, où nous nous sommes fait arnaquer par un boat-boy qui nous a organisé une randonnée au volcan pour une fortune (ou presque) nous laissant entendre que c’était loin alors que c’était à deux pas ! Ce volcan est encore en activité et le bouillonnement de boue soufrée des diverses mares auxquelles on accède est incessant et important sans parler de l’odeur qui vous prend à la gorge. Intéressant puis balade dans la forêt tropicale et découverte de quelques cascades où se rafraîchir.

Le lendemain nous avons fait quelques milles pour rejoindre un site exceptionnel un peu plus au sud : l’Anse des Pitons, une large baie encadrée par deux énormes pitons qui font la fierté des habitants Nous avons mouillé au pied de l’un de ces pitons : impressionnant ! Les photos de près ne donnent rien du tout et celles prises de loin ne rendent malheureusement pas la sensation de vertige que nous avions.
Ensuite nous avons mis les voiles sur Saint-Vincent distante d’à peine une dizaine de milles!











Saint-Vincent souffre encore d’une fort mauvaise réputation auprès de nombreux plaisanciers. En effet, plusieurs équipages y ont été agressés et beaucoup refusent de s’y arrêter et conseillent de passer au large.
Nous avons écouté ceux qui y sont passés récemment et nous ont au contraire rassurés et y avons fait trois escales tout à fait agréables.
D’abord le mouillage de Chateaubelair avec sa superbe rangée de cocotiers, puis celui de Wallilabou Bay pour effectuer les formalités d’entrée.











C’est à Wallilabou qu’a été tourné une partie du second film « Pirates des Caraïbes » et des éléments du décor, très décrépis, y sont encore visibles. Cela semble d’ailleurs être la principale attraction touristique du coin par ailleurs assez peu attirant.












Ensuite nous sommes restés plusieurs jours à Young Island, tout près d’un magnifique hôtel de luxe installé sur l’île, un de ces hôtels pour couples en lune de miel. Nous en avons profité pour visiter Saint Vincent en voiture de location et aussi pour faire une très belle plongée avec le club local : mérous, murènes, nombreuses langoustes et même un hippocampe, notre premier et en fait notre seul et unique au moment où j’écris. Très difficile à voir vu son extraordinaire mimétisme.

Comme toujours dans ces îles la côte est , donc côté atlantique est toujours sauvage et ventée. Celle de Saint-Vincent estparticulièrement belle.



Le centre de l’île est très accidenté et très vert et nous a rappelé l’Afrique de l’est, celle de « Out of Africa ». Un anglais y a aménagé un magnifique jardin botanique.











La capitale, Kingstown, est très animée. Elle diffère des autres capitales des Antilles par ses très nombreuses arcades. Elle possède aussi de nombreuses églises, toutes dans le même quartier, dont un temple méthodiste construit par les esclaves peu après leur émancipation, une très belle église anglicane de style géorgien et en face une église catholique à l’architecture la plus tarabiscotée que nous ayons jamais vue, l’œuvre d’un prêtre fana de colonnettes, escaliers, claustras, niches, une horreur selon nous qui contraste avec l’élégante sobriété de sa rivale.





vendredi 9 mai 2008

LA MARTINIQUE

(Publie le 9 mai 2008)
Nous avons passé trois bonnes semaines à la Martinique, qui se situe juste au sud de la Dominique ( du 1er au 25 avril). Nous étions de nouveau en terre française.


Notre première escale a été Saint-Pierre au nord-ouest de l’île. Nous avons fait une visite guidée émouvante de la ville. Actuellement Saint-Pierre ne compte plus que 5000 habitants et a une activité très réduite. Fin du XIXème début du XXème siècles c’était la capitale et le centre économique et culturel de la Martinique avec 30 000 habitants. On l’appelait le Petit Paris des Antilles. Il y avait entre autres deux grandes églises, un théatre de belle taille, une bourse du commerce , aujourd’hui reconstruite à l’identique, et une maison coloniale de santé (= un grand hôpital psychiatrique). Le 8 mai 1902 , jour de l’Ascencion et jour de communions, à 8h du matin, alors que beaucoup étaient à la messe ou vaquaient déjà à leurs occupations, le volcan de la Montagne Pelée a explosé projetant sur la ville de Saint-Pierre une nuée ardente qui, en trois minutes, a anéanti la ville et tué les 28 000 habitants qui étaient restés sur place, malgré les signes précurseurs des mois précédents et encouragés en cela par les autorités qui ne voulaient pas que la population parte car des élections avaient lieu le dimanche suivant. Il n’y a eu qu’un seul rescapé, un ivrogne local qui était au cachot pour avoir troublé l’ordre public et s’est trouvé protégé par les murs épais de la cellule. Le dénommé Cyparis a par la suite gagné sa vie en exhibant ses nombreuses brûlures au cirque Barnum pour finalement mourir lors du creusement du canal de Panama.















Le Centre de Découverte des Sciences de la Terre tout proche propose en film d’animation une reconstitution de ce qui s’est passé : c’est effrayant ! Nous avons aussi pu plonger sur l’épave d’un des bateaux qui ont été coulés sur place ( ils l’ont tous été !). Les membrures du bateau retourné, couvertes de coraux et anémones, étaient comme les arches en ogive d’une cathédrale : terrible quand on repense à ce caboteur qui a essayé de s’échapper et néanmoins magnifique.


Dans la région nous avons aussi visité la distillerie Depaz que le seul rescapé de la famille ( et pour cause : il avait 16 ans à l’époque et faisait ses études à Bordeaux !) a décidé de redémarrer une dizaine d’années après la catastrophe. Quand nous l'avons visite, c'etait la periode de la "coupe canne".


Nous n’avons malheureusement pas pu monter au volcan de la Soufrière car le temps était mauvais pendant notre halte à Saint-Pierre , et d’ailleurs pendant presque tout notre séjour en Martinique.


Deuxième escale : Fort de France, la capitale. Totalement morte et décevante le dimanche où nous sommes arrivés, nous l’avons trouvée bien réveillée et vibrante le lendemain. Nous nous sommes baladés entre autres dans les rues Victor Hugo et Victor Schoelcher, les deux grandes artères de la ville. Comme à Pointe à Pitre, beaucoup de façades très colorées et de balcons.











Nous avons visité la belle bibliothèque Schoelcher à l’étonnant mélange architectural (structures métalliques des ateliers Eiffel, style égypto-byzantin, décoration Art Nouveau …) : très réussi. Nous sommes allés visiter la cathédrale construite dans le même esprit et par le même architecte, Henri Picq. Nous n’avons malheureusement pas pu visiter le musée d’histoire et d’ethnographie de la Martinique en rénovation.













Ensuite nous avons « fait » divers mouillages entre Fort de France (au centre de l’île) et Le Marin (au sud) recommandés par des amis : la Pointe du Bout, les Trois Ilets, l’Anse Mitan, l’Anse à l’Ane, les Anses d’Arlet, tous plus jolis les uns que les autres. Dommage que le beau temps n’ait pas souvent été de la partie.







Anse a l'Ane et Anse Mitan






Puis ce fut le Marin. C’est une très vaste baie particulièrement bien protégée, donc très appréciée des plaisanciers qui s’y retrouvent en très grand nombre et peuvent assister à l’entraînement des équipages locaux sur des yoles surtoilées : les équipiers se tiennent à l’extrémité de longues perches de bois pour éviter le dessalage.


Avant d’arriver au Marin, nous sommes passés tout près le célèbre Diamant, un rocher qui culmine à 176m à quelques encablures de la côte: impressionnant. Les Anglais se sont acharnés à y hisser des canons afin de mieux couler les navires français et y sont parvenus: incroyable mais vrai ! Chapeau bas, messieurs les anglais !


Le Marin est l’escale obligée de tous les plaisanciers car on y trouve tous les shipchandlers, réparateurs et autres fournisseurs dont ils ne peuvent se passer. Nous en avons aussi profité pour louer une voiture et visiter l’intérieur de l’île et la côte est.



De l’intérieur ce que nous avons préféré sont la route qui traverse de Fort de France au nord le Parc Régional de Martinique et les Jardins de Balata qui donnent de façon différente un bel aperçu de la végétation tropicale de l’île. Les Jardins de Balata se remettent tout doucement des dégâts du cyclone Dean de 2007.













Sur la côte est une halte au « François » et une autre au « Robert » s’imposaient, faute d’avoir pu y aller en bateau. Ce sont deux baies de la côte atlantique, donc au vent, parsemées d’îlets et de « cayes » (= récifs coraliens) qui offrent des mouillages extraordinaires mais praticables uniquement par très beau temps. Nous avons aussi beaucoup aimé la presqu’île de la Caravelle un peu plus au nord.











Et nous n’avons pas quitté cette région sans aller visiter l’Habitation Clément, une habitation sucrière puis distillerie remontant au XVIIIème siècle que les cyclones ont miraculeusement épargnée et dont on visite avec ravissement la demeure coloniale et le domaine magnifiquement entretenus.













Notre séjour martiniquais s’est terminé dans la baie de Sainte-Anne qui s’enorgueillit de plages splendides. Le club Med ne s’est pas trompé en s’installant à proximité ! Cette escale aura été pour nous bien agréable et la dernière en terre française, pour un bon bout de temps.
Dernière chose : nous étions à la Martinique lors qu’Aimé Césaire s’est éteint. Les gens étaient vraiment très tristes. Dans la plupart des endroits de l’île de grands panneaux étaient installés montrant une photo d’Aimé Césaire et citant une phrase marquante, à chaque fois différente, tirée de ses discours ou de son oeuvre.



A bientot pour notre prochain article sur Sainte-Lucie et Saint-Vincent !

jeudi 3 avril 2008

LA DOMINIQUE

(Publié le 21 avril 2008)
La Dominique est une île d’environ 50 km de long et 20 km de large qui se trouve à une trentaine de milles au sud de la Guadeloupe. Comme elle est relativement haute elle arrête tous les nuages, reçoit énormément de pluie (nous en savons quelque chose !) et est de ce fait couverte d’un épais manteau vert profond.
C’est une ancienne colonie britannique, indépendante depuis 1978 et membre du Commonwealth qui est aussi aidée dans ses projets par la communauté européenne.
La réputation d’insécurité de cette île faisait que beaucoup de plaisanciers préféraient ne pas y faire escale et aller directement à la Martinique située au sud. Les « boat-boys » avaient tendance à harceler les équipages et à voler ce qui se trouvait sur le pont des bateaux, aussi fallait-il faire garder son voilier en espérant que le gardien lui-même ne vous dépouille pas.
Heureusement, tout a changé en bien. Les Dominicais font en sorte que les visiteurs se sentent en toute sécurité dans leur île en organisant une surveillance diurne et nocturne des mouillages et le tourisme de plaisance reprend.
Certes, les « boat-boys » sont toujours là pour vous accueillir et vous proposer de vous amarrer sur un corps-mort payant, mais il n’y a aucune obligation et on peut en toute liberté mouiller sur ancre. Ils sont très amicaux et vous proposent leurs services : visite de la Rivière Indienne à Portsmouth, vente de fruits et légumes ; ils peuvent vous amener à terre si vous ne souhaitez pas utiliser votre annexe, le tout avec le sourire.
Notre première escale a été Portsmouth, au nord-est de la Dominique où nous sommes arrivés depuis Marie Galante et les Saintes, en compagnie de Jérémie et Fiona, un couple de sympathiques jeunes « bateau-stoppeurs » rencontrés à Saint François. Portsmouth est une petite ville calme avec une très belle et vaste plage de sable doré où s’est installé le sympathique bar- restaurant « Big Papa’s » qui propose aussi une connection internet.











Ici et là des carcasses de cargos jetés à la côte rappellent que dans cette zone les cyclones frappent fort. Certes, on ressent tout de suite une impression de pauvreté en voyant les maisons colorées mais souvent faites de bric et de broc le long de la rue principale, mais aussi beaucoup de chaleur humaine de la part des habitants qui vous saluent quand vous les croisez. Il y a aussi beaucoup de rastas à la Dominique, très « cools » comme on dit, très folkloriques et plus sympathiques les uns que les autres.











La langue officielle est l’anglais, mais nombreux sont ceux qui parlent français après avoir séjourné en Guadeloupe ou en Martinique ou simplement après avoir côtoyé les touristes français. Sans parler bien sûr du créole local qui prédomine.
Nous avons visité la Rivière Indienne avec « Dédé » de Seabird qui nous avait accueilli le premier lors de notre arrivée. On visite cette rivière tropicale à la rame car les moteurs y sont interdits. Nous avons vu peu d’oiseaux mais des rives magnifiques où les gommiers ( je crois) plongent dans la rivière leurs belles racines semblables à des draperies. Superbe!



































Nous avons aussi fait une randonnée dans la Rain Forest du Morne Diablotin tout proche et y avons admiré les multiples sortes de fougères, les plantes épiphytes et les immenses arbres aux noms créoles dérivés du français qui la composent.

















Puis nous avons visité le Fort Shirley qui domine la baie de Portsmouth, un de ces innombrables forts installés par les Anglais ou les Français sur la côte ouest de ces îles des Caraïbes, forts qu’ils passaient leur temps à essayer de se prendre les uns les autres.




Notre seconde étape fut Roseau, la capitale qui est très pittoresque mais forcément moins bon enfant que la petite ville de Porstmouth. Là encore, l’accueil des « boat-boys » est chaleureux et il faut prendre un corps-mort payant car il y a trop de fond pour mouiller l’ancre (encore 35m à une dizaine de mètres du bord !) . Pancho, qui gère ces corps-morts, est venu nous faire payer le vendredi soir (10€ la nuit), puis le samedi, mais il avait déjà, de toute évidence, commencé à bien célébrer le week-end au rhum et nous ne l’avons pas revu avant notre départ le mardi matin : le dimanche avait dû être particulièrement rude…
Roseau est une ville très animée, à la population jeune et gaie, aux maisons aux couleurs vives et aux balcons travaillés, avec un marché très vivant où l’on peut acheter de beaux fruits et légumes. On peut encore voir l’ancien marché aux esclaves dans le centre-ville derrière le musée national qui est essentiellement consacré à la culture et à l’histoire de indiens arawaks et caraïbes .
























Nous avons loué un petit 4X4 et avons visité le reste de l’île, surtout la côte ouest, le sud en faisant quelques incursions dans la partie centrale. Jérémie et Fiona qui s‘est foulé la cheville dès notre arrivée à Roseau nous ont accompagnés.
L’intérieur de la Dominique est très spectaculaire car c’est l’île la plus élevée des Caraïbes avec le Morne Diablotin qui culmine à 1450 mètres : de nombreuses rivières (il y en aurait 365 !…), des chutes d’eau spectaculaires, la forêt primaire, des paysages magnifiques et de multiples possibilités de randonnée.






















Comme c’est une île volcanique, il y a des sources chaudes et le fameux « boiling lake »( le deuxième plus grand « lac bouillonnant » du monde) que nous n’avons hélas pas vu car le temps a été couvert et pluvieux durant tout notre séjour et c’est une très longue randonnée. L’activité volcanique est très importante dans les Caraïbes et, d’après le Centre d’Etude des Sciences de la Terre de Saint Pierre en Martinique, toujours potentiellement dangereuse comme elle l’a été en détruisant totalement Saint Pierre en 1902 et Plymouth à Montserrat en 1997.
Mais le moment le plus mémorable de la balade dans l’île aura certainement été le service du dimanche matin dans une église pentecôtiste d’un petit village de la côte est : le pasteur, un homme d’une trentaine d’années, du gabarit de Pavarotti, débordant de conviction et d’énergie et doué d’une très belle voix extrêmement puissante, appuyé par un ensemble de musiciens de jazz et un chœur de femmes, nous a régalés de gospel pendant près d’une heure. Il fallait le voir se démener sur l’estrade en s’épongeant le front ! Il fallait aussi voir et entendre l’assistance ! Tout le monde, des enfants aux personnes agées, de la personne la plus simple à la dame la plus distinguée, tout le monde était debout et frappait dans les mains, la plupart des gens se balançaient, ceux qui étaient dans les allées dansaient franchement, certains étaient nettement en transe. Une dame « d’un âge » et très corpulente juste devant nous lançaient des « Alléluia ! Alléluia !Alléluia !… »ou des « Jésus ! Jésus ! Jésus !… » tonitruants et sur une mélodie différente de celle du chant du prêtre. Quelle ferveur et quelle gaieté il y avait dans cette église, pour un peu on serait devenus pentecôtistes ! Quelle belle recrue ce jeune pasteur dominicais serait pour l’Ensemble Vocal de Roanne (EVR) ! J’imaginais très bien Florence ( le chef de chœur de l’EVR ) à côté de lui sur la scène ! Car c’était un vrai spectacle !
A côté des dominicais d’origine africaine on trouve les derniers indiens Caraïbes qui ont pu échapper au massacre général grâce au relief souvent impénétrable de l’île. Ils se sont installés dans l’est du pays et vivent sensiblement de la même façon que les autres dominicais principalement de culture, d’élevage et d’artisanat où ils se montrent très habiles.
Au bout d’une petite semaine nos bateau-stoppeurs sont repartis sur la Guadeloupe par le ferry. Nous-mêmes sommes restés encore quelques jours à la Dominique à bien profiter de l’atmosphère détendue de Roseau puis nous avons continué sur Saint Pierre de la Martinique, gardant le meilleur souvenir de cette belle et chaleureuse escale à ne pas manquer pour les amateurs de contacts humains et de randonnées.

Prochain article : La Martinique






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