jeudi 2 août 2007

D`Alicante à Gibraltar


Alicante - Almerimar - Gibraltar
( du  26 juillet au 2 août 2007)




Alicante nous a bien plu car la ville, sans être très jolie, est agréable avec un magnifique marché couvert et le séjour au Real Club de Regatas a été parfait. Bar superbe, douches très propres, connection WI-FI gratuite, tout ceci pour 16€ par jour ! D’Alicante nous avons pris un bus pour aller à Elche à quelques kms, ville recommandée par plusieurs amis.

La visite d’Elche a été effectivement fort intéressante car on se trouve dans une vaste palmeraie, remontant aux Phéniciens, qui n’est pas sans rappeler celle de Tozeur dans le sud tunisien, sauf que l’on se trouve dans une ville européenne. On visite plus particulièrement le « Jardin du Curé » où ont été acclimatées toutes les espèces de palmiers existants, plus d’autres plantes méditerranéennes, subtropicales et tropicales. Très beau, très bien entretenu… et très frais, ce qui n’est pas négligeable en cette saison.

Le jardin du curé ...

































Ensuite nous avons choisi de faire une longue étape, profitant des bonnes conditions météo qui nous permettent de faire route sur Gibraltar en rattrapant un peu le retard pris dans le début du voyage. Eh, oui, même à la retraite le temps compte ! …


Nous voulons en effet passer vite le long de cette côte sud de l’Espagne que nous connaissons déjà et qui est peu intéressante : peu ou pas de possibilité de mouillage, côte couverte de serres en plastique aux alentours d’Alméria où les Espagnols produisent la majeure partie des fruits et légumes sans goût que l’on achète dans toute l’Europe. Non seulement ces légumes sont forcés à grand renfort d’engrais en tous genres, mais sont, paraît-il, cultivés par des saisonniers marocains employés dans des conditions souvent plus que suspectes. Un numéro d’Envoyé Spécial y avait été consacré. Donc, achetez les fruits et légumes de saison produits chez nous.
Almerimar est un endroit chargé de souvenirs pour nous : nous y avions laissé « Bichique » en hivernage en 2004-2005, ce qui nous avait permis de visiter la'Andalousie à Pâques 2005.

La traversée d’Almérimar à Gibraltar s’est faite au moteur car il y avait très peu de vent et dans le nez, et en deux étapes : Almerimar - Caleta de Velez d’où nous avons pris un bus pour aller revisiter Malaga, puis Caleta de Velez - Gibraltar.


Une des grandes avenues piétonnes de malaga, avec de grandes pièces de tissu blanc pour l'ombrager 


Pour cette deuxième traversée de la brume toute la journée et une mer d’huile sauf à l’arrivée où nous avons trouvé des remous et des courants. Normal : on approche de l’Atlantique.

Aujourd’hui premier août, nous sommes à Gibraltar après une arrivée hier soir un peu semblable au départ de la Grande Motte, c’est-à-dire dans la brume, parfois assez dense, ce qui nous a permis de nous familiariser avec le radar et d’apprécier sa présence car il y avait bien une cinquantaine de cargos mouillés dans les parages « du Rocher ».



En bons anglophiles, sitôt arrivés nous sommes allés manger du « fish and chips » au Charlie’s Bar recommandé par la marina. Une bonne centaine de clients se parlaient en hurlant pour tenter de couvrir le niveau sonore de la musique d’ambiance. Charlie a une très haute opinion de la valeur de la livre sterling car il considère qu’elle vaut 1€ 80 au lieu des 1€ 50 généralement admis. Encore un endroit à éviter… Et il n’y avait même plus de fish ‘n chips !
Cet après-midi on pense aller se balader en ville – c’est assez drôle : on se croirait en Angleterre, au Maghreb et en Espagne tout à la fois ! – puis aller en vélo à La Linéa , la ville espagnole qui se trouve tout contre la frontière avec Gibraltar. Pour y aller il faut traverser la piste de l’aéroport de Gibraltar : c’est assez étrange...
Nous sommes amarrés à cent mètres de la piste d’atterrissage : imaginez le bruit quand les avions se posent ou décollent ( heureusement pas souvent et pas du tout la nuit) !
Nous pensons partir demain pour Madère avec du vent de Nord-Est force 4 à 5 : c’est bien. Il faut compter 5 à 6 jours de traversée.
A bientôt ! …

Le rocher de Gibraltar











Yovo au pied du Rocher

jeudi 26 juillet 2007

Le Grand Départ

De la Grande Motte à Alicante 
( du 14 au 26 juillet 2007 ) 




Nous n’avons finalement pas quitté la Grande Motte le 10 juillet comme prévu mais le 14, non pour célébrer la fête nationale, mais parce qu’il y avait toujours des petits travaux à finir et du rangement à effectuer.




Le Grand Départ s’est fait un peu bizarrement, dans un brouillard assez dense , « les entrées maritimes » - disent-ils là-bas, mais tout s’est éclairci vers le milieu de la matinée, et puis un bon Sud-Est s’est installé qui nous a fait faire un trajet assez « musclé » (Force 6/7 au près) jusqu’à Collioure.

Nous ne sommes pas restés longtemps dans ce très joli mouillage car le village est devenu une sorte de caricature d’un site envahi par le tourisme dont plus rien ne semble être authentique, et en prime, il nous a fallu payer 30€ pour l’amarrage obligatoire sur un corps-mort, avec obligation de laisser un membre de l’équipage à bord pour assurer la sécurité. Le navigateur solitaire paye 30€ pour regarder Collioure avec ses jumelles… Nous connaissons maintenant une escale de plus à éviter…
Un arrêt à Port de la Selva nous a permis de revoir notre ami Gérard Fisher, avant d’arriver à Barcelone où nous avons passé trois jours très agréables dans cette belle ville, très riche culturellement, mais que nous avons trouvée trop bruyante et agitée à notre goût.







La Sagrada Familia, le célèbre "temple expiatoire de la Sainte Famille" d'Antoni Gaudi, commencé en 1882 et toujours en construction, surmonté de plusieurs grues Potain (les charliendins apprécieront).
















     La "Casa BATLLO" du même génial Gaudi














Christophe Colomb qui, du haut de sa colonne de 60m, nous indique la direction de l'Amérique, croyons-nous, mais un coup d'oeil sur le compas du bateau nous montre qu'il pointe vers l'est, c'est-à-dire Gènes ou Venise, lui seul le sait.








L’étape suivante devait nous mener à Formentera, île des Baléares que nous ne connaissions pas, mais le vent qui devait être Sud-Est, a décidé de passer au Sud-Ouest au milieu de la nuit avec une mer très agitée. Nous avons donc décidé d’aller à Andraitx sur Majorque où nous ne sommes restés qu’une nuit pour repartir sur Formentera cette fois (élèves, amis, suivez sur votre atlas préféré…). Un trajet au portant fort agréable, une nuit calme au mouillage devant Puerto de la Salina (Formentera) une visite rapide du petit village – accès à internet, courses, pour repartir sur Alicante. A nouveau une traversée très plaisante au travers arrière, mais le vent est tombé pendant la nuit et nous avons dû utiliser la « risée Perkins ».

Arrivée ce matin au Real Club de Regatas d’Alicante où nous pouvons compléter le blog. Nous allons visiter la ville et aller à Elche cet après-midi.

lundi 25 juin 2007

Les Grands Travaux

Les grands travaux ont commencé en septembre 2006
A l'achat du bateau en février 2006, de l'osmose avait été détectée lors de l'expertise pratiquée par Gilles Cordiée-Roi. Le chantier Jeanneau qui nous avait racheté "Bichique" et vendu "Yovo" (CNM à la Grande Motte représenté par Vincent GIRARD), a accepté de prendre le traitement curatif à sa charge.

"Yovo" a donc été mis à sec mi-septembre, "pelé" et laissé à sécher jusqu'à la fin mai 2007.




Laurent ROUGIER et son équipe ont alors commencé le traitement : une couche de gel-shield,


enduit, ponçage, nouvel enduit,


plusieurs couches d'epoxy et finalement l'anti-fouling.


Aujourd'hui, le 11 juin, nous en sommes presque à la mise à l'eau. Tous les passe-coques vont être changés (par précaution), les sondes de loch et de sondeur installées, l'inverseur qui a été vérifié remonté, la résistance du chauffe-eau réparée, le réservoir arrière refait en inox, la ferrure d'étrave changée car nous avions été heurtés par un catamaran qui avait dérapé sur son ancre en août à La Ciotat, le radar et les nouvelles voiles installés... Ouf! c'est bientôt la fin!




Prêts à partir!




Après une longue attente, "Yovo" a été remis à l'eau!
Il est maintenant prêt à partir, après que nous ayons cependant dû changer l'enrouleur qui donnait des signes de fatigue.
Le skipper a fait des adieux émus à ses élèves qui lui ont fait passer une excellente dernière année scolaire, en particulier ses élèves de quatrième bilangue qui se sont intéressés à notre projet de voyage: Malia, Eléonore, Caroline, les deux Mathilde, Heidi, Elodie, Emeline. Et puis les garçons, bien sympas eux-aussi: Wilson, les deux Mathieu, Hugo, Grégory, Armand, Florent, Benoît. Ils resteront dans mes bons souvenirs d'enseignant, ainsi que mes autres élèves de sixième et de cinquième bilangues.

Nous devons quitter la Grande Motte au milieu de la semaine prochaine: direction Barcelone.

mardi 22 mai 2007

L'équipage, le bateau, le projet

La Grande Motte
Le 25 mai 2007




Nous sommes deux professeurs d'anglais, François et Francine, qui nous intéressons au bateau depuis longtemps. Francine est à la retraite depuis septembre 2005 et moi-même le serai le 4 juillet 2007.
Nous sommes deux professeurs d'anglais, Francine et François, qui nous intéressons au bateau depuis longtemps. Francine est à la retraite depuis septembre 2005 et moi-même, je le serai le 4 juillet 2007.

Après avoir navigué sur "Banzaï", le Samouraï de notre copain Bernard à la Réunion, nous avons acheté "Bichique", Attalia 32, en 1987 et nous avons longtemps parcouru la Méditerranée, puis les canaux de Port Saint Louis de Rhône au Hâvre, la Manche, l'Atlantique pour revenir en Méditerranée par Gibraltar.

"Bichique a été vendu à la Grande Motte en 2006 et remplacé par "Yovo", Sun Légende 41 qui devrait nous transporter autour du monde.

Nous en sommes à la phase finale de l'équipement pour la grande croisière. Yovo est à sec depuis septembre, la coque pelée pour un traitement curatif anti-osmose. Il doit être remis à l'eau fin mai.

Le départ est prévu vers le 10 juillet prochain pour Barcelone, puis Madère et les Canaries en vue d'une traversée de l'Atlantique jusqu'à la Guadeloupe depuis le Cap Vert entre fin novembre et mi-décembre si les alizés nous sont favorables.

Nous reviendrons  en France du 16 septembre au 5 novembre en laissant "Yovo" à La Gomera (Canaries)


Le bateau



"Yovo" est un Sun Légende 41 de 12 mètres 35 de long sur 3 mètreS 94 de large avec un moteur Perkins Prima de 50cv. C'est une version dite "propriétaire" avec deux cabines seulement au lieu des trois cabines qui équipent la majorité des Sun Légende. Il est en très bon état, confortable et très marin.

Sur l'aire de carénage à la France Motte quand nous l'avons acheté en février 2006

Le voici à Carnon en mars 2006

Depuis nous l'avons beaucoup modifié pour l'équiper pour la grande croisière. Tout d'abord, nous avons ajouté un bimini-top et une capote de roof qui protègent entièrement le cockpit. Nous nous souvenions de l'inconfort de Bichique qui en était dépourvu...



Ensuite, la société Navimer de la grande Motte nous a installé un portique destiné à supporter deux panneaux solaires de 70W et une éolienne Rutland 913. Olivier Mazéas a fait un très joli travail en intégrant le portique au balcon arrière. Nous pouvons très facilement monter l'annexe sur les bossoirs intégrés à l'arceau, naviguer sans problème avec et même, pour les plus sportifs, plonger depuis le haut (au mouillage).



Laurent Rougier a modifié le parc de batteries, pour pouvoir absorber et stocker l'énergie produite par l'éolienne, les panneaux solaires et l'alternateur du moteur. Il a installé quatre nouvelles batteries de 105 Ah en remplacement de l'ancienne batterie de 170 Ah. Nous avons conservé la batterie moteur, séparée du parc de batteries de service. Le répartiteur de charge a, lui aussi, été changé.
Nous avons pu tester ces modifications en juillet et août 2006 où nous sommes allés en Corse et dans les îles pontines : Capraia, Elbe, Giglio, Gianuttri. Pendant toute cette période, nous n'avons jamais dû faire tourner le moteur pour charger les batteries et le pastis a été frais tous les soirs. Nous avons cependant décidé de rajouter encore deux batteries de 105 Ah pour plus de confort et de sécurité, en particulier pour les grandes traversées. Un gestionnaire de charge sera également installé pour gérer tout le système électrique du bateau.



Pourquoi YOVO ?


"Yovo" dans la langue de l'ethnie Ewe qui vit au sud du Togo et du Bénin, signifie "homme blanc". Tout visiteur européen qui se promène dans le sud du Togo entend en traversant les villages les enfants lui réciter toujours la même comptine, sur le même ton, très scandée:"Yovo, Yovo, bon-soir, ça va bien, mer-ci!"
C'est pourquoi, sur une idée de Charles et Manon, nous avons choisi ce nom en souvenir de ce pays, et surtout de ce peuple, que nous avons beaucoup aimés et qui nous ont tous marqués très profondément.



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