samedi 8 mars 2014

Thaïlande

LA THAÏLANDE

(du 5 décembre 2013 au 22 janvier 2014 et du 27 février au 24 mars 2014)

Départ de la Malaisie

Le  jeudi 5 décembre 2014, nous avons quitté Langkawi, la dernière île malaisienne avant la frontière
thaïlandaise.
Quelques jours auparavant François  d’UltréÏa avait fait son « coming out » et nous avait  annoncé, sans que nous nous y attendions le moins du monde, qu’il  appréhendait beaucoup la traversée de l'océan indien, que cela l’angoissait, qu’il n’en dormait plus, et que de façon générale il en avait assez "d'avaler des milles"( une expression qui nous choque d’autant plus qu’elle ne correspond pas du tout au type de navigation que nous faisions),  qu’il ne voulait plus naviguer, qu'il voulait vendre le bateau, que c'était une décision mûrement réfléchie et qu'il ne reviendrait pas dessus.  Certes il avait bien montré les derniers temps que naviguer lui devenait pénible mais Geneviève qui, elle, se réjouissait à l'idée de traverser l'Indien, n'avait rien vu venir et en a été d'autant plus choquée. Trois mois après, alors que leur bateau était quasiment vendu, elle avait toujours le cœur bien gros à l’idée que cette aventure autour du monde  était pour elle terminée et je pense que, même si Geneviève est une personne forte,  cette douleur l’habitera malheureusement  encore longtemps.
Nous sommes donc partis bien tristes sans nos compagnons de voyage qui eux restaient à Langkawi pour prendre contact avec les divers brokers du coin et pour commencer à  vider leur bateau.

Good bye la Malaisie, hello la Thaïlande !

La Thaïlande est bordée au sud par la Malaisie, au nord et à l’est par la Birmanie et au sud-ouest par le Cambodge. Le pays donne sur la mer d’Andaman à l’ouest et sur le golfe qui porte son nom à l’est. 


C'est une monarchie constitutionnelle depuis 1932. Le roi Bhumibol Adulyadej âgé de 87 ans règne depuis 1950. C'est le plus ancien chef d'état en exercice actuellement. Il règne mais ne gouverne pas. Malgré des critiques touchant notamment aux lois très sévères de lèse majesté la monarchie continue d'inspirer du respect à la plus grande partie de la population  et sert de force unificatrice au pays. Le roi est considéré par beaucoup comme un demi-dieu. Un demi-dieu ne saurait être vieux : les photos omniprésentes de lui seul ou de lui et de la reine remontent donc toutes à l'époque où ils avaient une quarantaine d' années!



 
Les formalités d'entrée en Thaïlande se font  à Ao Chalong, la vaste baie au sud de Phuket, la plus grande île thaïlandaise de la côte ouest.
Nous avons fait les 150 milles qui nous en séparaient en quatre étapes pour ne pas avoir à naviguer de nuit. Sur les conseils de navigateurs qui sont dans la zone depuis une dizaine d'années nous nous sommes arrêtés au nord de Ko Tarutao, à Ko Muk et à Ko Phi Phi Don, des îles dont je parlerai un peu plus loin car nous y sommes retournés à plusieurs reprises par la suite.

A Ao Chalong où nous sommes arrivés le 8 décembre 2013 nous avons pris un des innombrables corps-morts de la baie et sommes allés faire quelques courses dans les rues animées autour de la baie. Nous y avons retrouvé Errance avec beaucoup de plaisir.
De tout le sud de Phuket on voit le Grand Bouddha de marbre blanc de Birmanie qui domine la baie de Ao Chalong.





Le lendemain, le lundi 9 décembre, une fois les formalités d'entrée faites, nous avons repris la mer et longé toute la côte est de Phuket avant d'arriver à la marina de Yacht Haven, tout au nord de l'île.
Quelques minutes après notre arrivée nous avons fait la connaissance de Marie-Christine et Michel de LIS ESTRAMBORD , un magnifique voilier en alu Strongal mais au look de bateau ancien réalisé par le chantier META de Carare près de Lyon.

(photo à venir) 






Nous avons eu quelques jours pour faire l’avitaillement, nettoyer et préparer le bateau avant l’arrivée  le 14 décembre de notre fils Paul, de sa compagne Adeline et de leur petite Sibylle de onze mois alors.
Il a fallu adapter le bateau pour que tout se passe au mieux pour notre petite-fille. Ainsi lui avons nous créé avec la toile anti-roulis un espace de repos et de jeu à la fois dans le carré. 






Dans le cockpit son siège de voyage nous prenait la moitié de la table mais lui permettait d’être avec nous en toute sécurité au mouillage comme en navigation.


Nous avons tout fait pour respecter ses heures de repos et d'éveil, pour l'occuper et je crois, sans fausse modestie, que nous avons réussi à rendre ce séjour aussi agréable pour elle qu'il l'a été pour ses parents. Malheureusement elle ne s'en souviendra pas...
La seule chose dont elle ait un peu souffert est la chaleur : elle a en effet rapidement été couverte de tout petits boutons sans gravité mais irritants, ce que l’on appelle la bourbouille à la Réunion.












Sibylle n'a pas fait ses premiers pas sur Yovo mais elle a beaucoup progressé en équilibre et un mois et demi après son retour en France elle marchait!





Tout s’est bien passé pour les parents si ce n’est un peu de mal de mer une fois ou deux  et un peu de fatigue pour Adeline enceinte de cinq mois.
Avec eux nous avons visité les îles de la mer d'Andaman, principalement celles des réserves marines de Phang Nga et de Krabi ainsi que plusieurs îles plus au sud avant de remonter sur Phuket pour assister au grand feu d’artifice du Nouvel An depuis une baie de la côte ouest de Phuket, une de ces baies qui ont tant souffert lors du tsunami du 26 décembre 2004, il y a donc neuf ans.

Le 6 janvier 2014 Paul, Adeline et Sibylle nous ont quittés, ravis de leurs trois semaines sur Yovo.  Nous avons eu deux jours de battement et nous avons accueillis Isabelle Samper, la fille d’amis de Tunisie et son ami Pierre, tous deux on-ne-peut-plus charmants. 
Avec eux nous avons refait un peu le même circuit qu’avec Paul et Adeline, à quelques différences près, et nous sommes descendus jusqu’à la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie où nous devions laisser le bateau pour quelques semaines.

Les îles de la baie de Phang Nga, à l'ouest de Phuket, sont de toute beauté. Elles rappellent  énormément celles de la baie d’Ha Long au Vietnam  et on s’étonne qu’elles ne soient pas plus connues. On s’en étonne et on s’en réjouit à la fois car le nombre de touristes qui s’y pressent est déjà impressionnant !




Ce sont des îles aux falaises vertigineuses d’origine karstique.  Ces îles sont de vrais gruyères et elles comportent d’innombrables grottes auxquelles on accède assez souvent. Leur caractéristique est qu'avec le temps la partie centrale des îles s'est totalement désagrégée et qu'il n'en reste que le pourtour, des falaises au bas desquelles des passages, souvent même des tunnels assez longs, mènent à marée basse ou du moins à mi-marée à l’intérieur des îles. Ces espaces à ciel ouvert au centre des îles portent le nom thaïlandais de « horngs » ou plus simplement de « hongs ». Les bateaux de touristes, que ce soit les « long-tails » ou des bateaux plus conséquents, débarquent leur cargaison de touristes de 10h du matin à 4h de l’après-midi sans discontinuer. Avec notre bateau nous avons souvent pu visiter les hongs très tranquillement avant 10h  ou après 16h.
L’eau dans la zone de Phang Nga n’est pas limpide mais elle reste très agréable pour la baignade. Chaque île est unique et offre des découvertes différentes. Sibylle a particulièrement apprécié de pouvoir se baigner matin et soir.






Nous avons particulièrement aimé l'île de Ko Phanak ( Ko = île). 


Ko Phanak est la grande île devant nous à droite



Cette île comporte deux hongs dont un premier que nous avons atteint à la nage le long d’un tunnel de bien deux cents mètres et un deuxième en annexe.







De l'extérieur...




... à l'intérieur.





Il y a aussi au nord une vaste grotte remplie de stalactites et stalagmites qui parfois se rejoignaient. Nous ne l'avions pas vue avec Paul et Adeline.










Ko Hang, toute proche de Ko Phanak, est très belle aussi ave ses falaises colorées,  son piton central et ses multiples excroissances calcaires.



Yovo au mouillage
















Avec Paul et Adeline nous avons mouillé et passé une nuit tout près de là, devant une plage au sud de Ko Raya Ring. Un site magnifique !






Avec Paul et Adeline nous avons fait l’expérience de quelques mouillages magnifiques mais avec des fonds de boue molle où nous dérapions et qui nous ont obligés à abandonner le mouillage avant la tombée de la nuit comme à Ko Roi...  Il est vrai que le vent avait augmenté dans la journée.













A Ko Ku Du Yai, un mouillage proche chaleureusement recommandé par notre guide nautique et où nous avions décidé d'aller à la place de Ko Roi, nous avons dû remouiller plusieurs fois en pleine nuit.


Le lendemain nous avons mouillé par 30m de fond, juste le temps d’un petit-déjeuner et d’un tour en annexe, devant un beau hong ouvert au sud de Ko Ku Du Yai.





Ensuite nous avons pris la direction du  sud  et nous sommes arrêtés  à Ko Hong.



Comme son nom l'indique il y a un très beau hong auquel on accède directement, une partie de la falaise s'étant effondrée. Là encore de très beaux stalactites tombant des rochers dont ce superbe pied d' éléphant...




Plus au sud une très belle plage en deux parties dont nous avons bien profité avant et après le déferlement des touristes.
Nous avions mouillé juste devant...









Isabelle a vu un iguane nager le long de cette plage et sortir de l'eau pour rejoindre les fourrés...



Toutes les plages de la côte ouest de la Thaïlande sont maintenant équipées de dispositifs pour prévenir la population en cas d'un nouveau tsunami.





 Après Ko Hong  Ko Dam Hok...









Ko Dam Hok est relié à Ko Dam Kwam par une fine langue de sable découverte à marée basse. Il suffit d'être là au bon moment! Sur les trois fois où nous nous y sommes arrêtés cela n'est arrivé qu'une fois avec Isabelle et Pierre.





Pour Noël nous avions décidé de nous trouver sur Ko Lanta. Il paraît que la série de Ko Lanta n’a jamais été tournée à Ko Lanta ou alors, selon certains, juste la première série. Les suivantes auraient été tournées au Cambodge ! Mais peu nous importait… Après un premier mouillage devant une vaste plage tout au nord, Had Khlong Dao.









Cette vaste baie était sans grand intérêt et difficile d’accès pour notre lourde annexe. Nous avons donc opté pour un deuxième mouillage presqu’au sud de Ko Lanta, dans la baie de Kan Tiang qui présentait de gros avantages : la baie était petite, la plage jolie et propre, derrière se cachait un petit village sympathique avec quelques commerces et quelques restaurants bien décorés pour Noël  étaient  installés sur la plage … Et surtout, surtout le grand hôtel du coin avait aménagé une petite jetée flottante où nous avons pu attacher notre lourde annexe sans avoir à la hisser sur la plage. Nous y sommes restés quatre jours.

Paul et François en ont  profité pour aller faire de la plongée avec un club réputé du coin. Ils ont passé une bonne journée mais sont revenus un peu déçus, s’attendant à trouver une eau plus cristalline et à voir de plus beaux paysages sous-marins et une plus grande variété de poissons. Il faut dire que l’un et l’autre sont déjà allés dans des sites magnifiques et  qu’ils deviennent un peu exigeants, la Réunion pour Paul et la Polynésie entre autres pour François.
Un autre jour nous avons loué une voiture pour visiter l’île de l’intérieur. La route était le plus souvent bordée de grandes plantations d'hévéas dont on tire le latex.





Nous avons bien aimé la vieille ville de Lanta et ses maisons de bois.  Nous y avons trouvé les uns pour les autres quelques petits cadeaux de Noël, avons eu la chance de trouver quantité de fruits et légumes tout frais chez un primeur qui venait d’être ravitaillé. Nous avons essayé deux des restaurants recommandés par notre guide et y avons fait honneur au Green Curry, à la salade de papaye verte et au Pad Thaï, les grandes  spécialités thaïlandaises.











Barque thaïlandaise typique avec sa "long tail" et ses bandes de tissu de multiples couleurs porte-bonheur. D'ailleurs ce fut un des cadeaux de Noël de Paul et Adeline à Yovo!

Nous avons passé le soir de Noël sur le bateau où nous avions concocté un repas de gala ! Enfin, à la mesure de ce que nous avions trouvé sur place... Nous avions en entrée du foie gras amené par Paul et Adeline, en plat principal des cuisses de canard confites avec des pommes de terre sautées dans la graisse de canard, pour le fromage du bleu du Danemark et en dessert des fondants au chocolat au cœur coulant, une des spécialités d’Adeline. Nous avons bien ri en voyant Sibylle découvrir ses cadeaux : le premier qu’on lui a donné lui a tellement plu qu’elle ne voulait pas même jeter un regard aux autres !! 



Voici le cadeau de Noël de Yovo... Les bandes de tissu sont soit flottantes soit tressées. Nous avons préféré cette deuxième solution pour qu'elles ne se prennent pas dans le guideau ou l'ancre. C'est très joli quand même...



Le 25 nous avons levé l’ancre pour Ko Ngai... 


Sur Ko Ngai nous avons passé de longs moments à regarder des aigles pêcheurs évoluer et se pourchasser au dessus de nos têtes.








Une ou deux heures après nous étions à Ko Muk  où nous avons visité Tham Moracot ou la Grotte d'Emeraude, en fait un hong au nord de l'île que l’on atteint après avoir nagé, munis de torches ou lampes frontales, dans un tunnel étroit  pendant deux cents mètres. C'est ce que nous avions fait avec Paul et Adeline. Quand nous y sommes retournés avec Isabelle et Pierre nous les avons laissé y aller seuls. De la pure paresse de notre part! Il fallait bien quelqu'un pour prendre la photo!






Le lendemain mouillage dans la baie sud de Ko Kradan. Bordée de corail on peut y faire de belles découvertes en snorkeling. Selon la marée on peut se "tubalader" (!) sur le platier ou le long du tombant. J’y ai vu une belle anémone de mer au pied bleu roi et ses poissons-clowns et surtout un échantillonnage de presque tous les poissons que j’avais  rencontrés jusque là.








La dernière fois que nous y sommes passés nous avons assisté à un spectacle pour le moins étonnant : trois chalutiers en tiraient, à grand peine mais efficacement, un quatrième qui était aux trois-quarts coulé!



Avec Paul et Adeline le  temps avançait et nous avons décidé de commencer à remonter vers Phuket en passant par Ko Rok Nok et Ko Rok Noi. Toutes ces îles font partie de réserves naturelles et l’on doit acquitter un droit de visite de 5 € par personne  et autant pour le bateau. A Ko Rok Nok/Noi,  vilaine surprise, le droit coûte le double ! Pourquoi ? Mystère ! Mais, nous dit le garde, vous pouvez rester  5 nuits ! Malheureusement pour nous nous devions repartir le lendemain même…  Il faut reconnaître que l’endroit est particulièrement beau…  il s’est trouvé que nous y étions quand la météo s’est un peu dégradée : le mouillage s’est révélé peu protégé et rouleur nous empêchant de faire du snorkeling et surtout de dormir la nuit.

Le lendemain nous repartions pour Ko Phi Phi Don, une île au relief spectaculaire mais que le tourisme de masse a complètement enlaidie.  Il y a un siècle les deux masses de pitons rocheux qui enserraient la bande de sable blanc ultra fin devaient offrir un vue paradisiaque. Maintenant, des deux vastes plages principales au nord et au sud,  il ne reste de quelques dizaines de mètres aux baigneurs pour profiter de la mer, les longtails et autres embarcations qui à grand bruit amènent et rembarquent les touristes accaparant les trois quarts  des plages et masquant le paysage.

Quant à la partie entre les deux plages elle est totalement occupée par des milliers de boutiques en tout genre, des cafés, des restaurants, des boîtes de nuit, des pensions, des mini-salons de massage, à touche touche. Là se presse la foule des touristes. Il en arrive cinq milles tous les jours ! C’est effrayant ! Bien sûr c’est encore pire la nuit. Nous avons passé au total trois nuits à Ko Phi Phi Don, arrêt très pratique sur la route de Ao Chalong, et chaque fois nous n’avons pas dormi avant trois heures du matin : nous avions l’impression d’avoir la musique techno dans notre cockpit. C’est à se demander si les gens qui arrivent ici savent à quoi s’attendre. Nous ne comprenons pas comment l’on peut choisir de passer des vacances ainsi. Beaucoup disent que d’un simple point de vue écologique Ko Phi Phi Don ne peut pas tenir longtemps à ce rythme…

Vue depuis le sud...







En remontant vers le nord par l'ouest...
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Yovo à l'intérieur de la baie ouest du milieu

Les barques occupent presque totalement les deux plages mais il faut reconnaître qu'elles offrent un joli spectacle...











Nous avons quand même fini par trouver une zone plus tranquille tout à l'est côté sud où il y avait moins de barques, moins de touristes et des restos agréables, sans musique tonitrunate...







Nous y avons vu ce sapin de Noël très original 
 

A quelques milles au sud de Ko Phi Phi Don se trouve Ko Phi Phi Le, une autre de ces îles qui attirent un maximum de touristes, les jeunes en particulier. Avant dix heures du matin la plage est encore aux baigneurs et à seize heures elle le redevient mais entre deux ce sont les bateaux qui règnent et accaparent la plage en largeur et en profondeur!













De retour sur Phuket nous avons, le temps d’un déjeuner, retrouvé François et Geneviève d’Ultréïa qui venaient d’arriver à Phuket pour les fêtes de fin d’année. Au départ il avait été prévu que nous irions eux sur Ultréïa et  Paul et Adeline et nous sur Yovo jusqu’à la baie de Patong sur la côte ouest de Phuket et que passerions le réveillon du Nouvel An ensemble. Finalement en arrivant ils avaient emmené  leur bateau jusqu’à une marina au  nord de Phuket : il leur aurait fallu avec la circulation quatre, plusieurs heures pour  rejoindre la baie de Patong et François freinait de plus en plus des quatre fers quand il s’agissait de naviguer. Ils ont donc proposé de venir nous rejoindre en voiture à Ao Chalong, un gros effort déjà,  et de passer quelques heures avec nous.





Nous avons néanmoins passé un bon réveillon entre nous avec des produits trouvés dans un des supermarchés de luxe de Phuket. L’hôtel en face duquel nous étions mouillés était magnifiquement illuminé et nous avons pu profiter de l'excellent orchestre qu'ils avaient engagé pour l'occasion. Surprise : dix minutes avant minuit – pourquoi  si tôt??? - ils ont commencé le compte à rebours, lancé un superbe feu d’artifice et lâché quelques lanternes. 






A minuit pile et pendant une bonne heure sur toute l’étendue de la plage de Patong qui s’étirait devant nous nous avons vu partir d’innombrables feux d’artifice. 



Nous étions malheureusement un peu loin pour bien voir les lanternes qui étaient lâchées par centaines. On nous avait tellement dit qu’il allait y avoir des milliers de bateaux, qu’il y aurait des risques d’accrochages et que les retombées des fusées et lanternes pourraient éventuellement mettre le feu aux bateaux que nous sommes restés craintivement assez loin de la plage et des autres bateaux. C’était totalement faux ! Il y avait une vingtaine de bateaux au sud de la baie et au milieu trois ou quatre de ces bateaux de croisière gigantesques à plusieurs étages dont certains ont d’ailleurs levé l’ancre au bout d’une demi-heure, déjà en route pour une autre destination . 






Nous étions à quelques jours du départ de Paul et Adeline et nous sommes remontés tranquillement vers la marina avec arrêt dans une vaste baie sur la côte ouest de Ko Yao Yai.  Balade jusqu’à de jolies barques de pêche. Les pêcheurs, peu avenants, ne nous ont guère donné l’envie d’aller jusqu’au village qu’on devinait à proximité. De sympathiques lyonnais, Michel et Christine sur Lis Estrambord rencontrés à notre arrivée à Yacht Haven Marina, nous ont dit que nous avions eu tort...








Promenade ensuite le long de la longue plage où nous avons vu de drôles de gobies aux yeux globuleux absolument pas farouches.






De toutes évidences Sibylle a apprécié la balade!
Le bateau -baignoire de SIbylle a été bien apprécié tous les soirs.

Le manque de contact avec la population est la chose que nous avons regretté sur ces îles. Soit elles sont, et c’est le cas de la plupart, inhabitées, soit, quand il y a des habitants, ils cherchaient peu à discuter, sauf pour vous vendre quelque chose, à quelques exceptions près…  ! Ici tout tourne autour du tourisme, de l’argent… Quelle différence avec l’Indonésie par exemple!

Avec Isabelle et Pierre nous ne sommes pas du tout allés sur la côte ouest de Phuket mais sur les conseils de Christine et Michel de Lis Estrambord, nous sommes montés plus au nord dans  la baie de Phang Nga,  jusqu’à Ko Panyee, un village musulman aux maisons de bois sur pilotis étalé sur une lagune au pied d’un piton karstique, avec tout un dédale de rues et de petits ponts,  une mosquée en rénovation quand nous y sommes passés, un terrain de foot, une école et d’innombrables boutiques d’artisanat pour les touristes débarqués à longueur de journée par les longtails et autres bateaux  qui malheureusement enlèvent au village la plus grande partie de son authenticité. Intéressant quand même…

Un peu avant d'arriver à Panyee...












De nouvelles maisons sur pilotis s'y construisent tout le temps

Nous y avons retrouvé Anne et Robert d'ERRANCE et un couple de leurs amis arrivés un jour avant nous et nous nous sommes réunis autour d'une bière sur YOVO.


Le soir le soleil s'est couché derrière le village...


Plus on quitte la baie de Phang Nga, plus on descend vers le sud et plus l’eau devient limpide, plus on trouve de possibilités de snorkeling. Même remarque que pour la plongée, rien de comparable avec ce que l’on peut trouver en Polynésie mais cela vaut quand même la peine de prendre son masque et son tuba. Comme Adeline et Paul Isabelle et Pierre ont beaucoup aimé faire du snorkeling...




Les îles, toujours de formation karstique, présentent pour certaines de hautes falaises tombant à pic dans la mer comme Ko Phedra.  Etrange de voir comme une île apparaît différemment selon l'angle sous laquelle on la voit...






Ou celles -ci...



D’autres sont moins élevées, plus étalées, plus vastes aussi comme Ko Lanta dont j'ai parlé plus haut. 

Ce qui est étonnant c’est que de la frontière malaisienne à Phuket les profondeurs sont très faibles, entre 8 et 20m en moyenne. Des pêcheurs de calamars sillonnent ces eaux la nuit armés de puissantes lampes à lamparo. dans la journée ils attendent mouillés la tombée de la nuit.



De jour ce sont des chalutiers qui raclent les fonds souvent de pair ou d'autres types de bateaux comme celui ci-dessous. Pas étonnant que nous n’ayons jamais réussi à y pêcher quoi que ce soit : ces eaux sont surpêchées.  




Ceci dit,  Pierre, l’amie d’Isabelle, mordu de pêche,  a réussi à force de patience et de ténacité à nous pêcher en deux ou trois soirées de quoi faire une bonne soupe de poisson !





Comme Pierre et Isabelle nous ont suivis dans notre descente vers la Malaisie, avec eux nous avons fait escale à Ko Bulan Le et à Ko Lipe, l’île thaïlandaise la plus proche de la frontière malaisienne. Malheureusement  il y avait beaucoup de vent donc de mer et de houle et ces deux mouillages ont été très inconfortables.  Il aurait mieux valu mouiller au nord. Dommage de terminer ainsi un séjour que par ailleurs ils nous ont dit avoir énormément  apprécié. 

L’île de Ko Lipe, aussi réputée que Ko Phi Phi Don auprès des jeunes, ne nous a pas davantage emballés, François et moi. Mêmes cafés, restos, boutiques, salons de massage…, un peu moins quand même et beaucoup moins de bruit et d'agitation.
Isabelle et Pierre disposaient de peu de temps pour profiter de l'île, leur visa arrivant à échéance,  mais je crois qu’ils y seraient volontiers restés plus longtemps. Il faut reconnaître que la plage était belle et pas trop bondée par rapport à celles de Ko Phi Phi Don ou Ko Phi Phi Le.








Leur dernier coucher de soleil depuis Yovo...




Le soir dernier dîner sur la plage pour célébrer la fin du séjour d'Isabelle et Pierre sur Yovo.




Et le matin du départ est arrivé...
Nous avons été ravis d'avoir Isabelle et Pierre à bord : ce sont des jeunes charmants, très gentils, gais, faciles à vivre, ayant beaucoup de choses à raconter et s'intéressant à tout, à la navigation entre autres   ce qui nous a fait plaisir.


C'est son premier ou deuxième jour sur Yovo : Isabelle est très concentrée!
C'est la fin du séjour : Pierre est maintenant très à l'aise!

Nous les avons donc quittés, très contents de notre côté de leur avoir fait partagé notre vie sur Yovo pendant près de deux semaines et de leur avoir permis de visiter cette partie exceptionnelle de la Thaïlande en voilier, ce qui est la seule façon valable de le faire.









Ils continuent maintenant leur tour du monde : Bangkok, le nord de la Thaïlande, le Vietnam (où Roberte et Mario, les parents d'Isabelle, les ont rejoints), la Nouvelle-Zélande, Tahiti où ils espèrent bien voir notre fille Anne … qui a été la baby-sitter d’Isabelle lorsque cette dernière était toute petite en Tunisie !

Vingt-cinq milles nautiques à peine séparaient Ko Lipe de la marina de Rebak au nord de la Malaisie où nous voulions laisser  le bateau un mois, le temps d’un voyage au Cambodge et du carénage du bateau. Nous y sommes arrivés en quelques heures  le 22 janvier 2014 et y avons retrouvé François et Geneviève, coincés là par un problème d’enrouleur, problème à régler de toute urgence car un acheteur éventuel venait de se faire connaître.



Nous sommes retournés en Thaïlande la première quinzaine de mars 2014 pour faire effectuer divers travaux sur Yovo, principalement le remplacement du teck du cockpit et du plan de travail de la cuisine. Les thaïlandais sont réputés pour travailler bien mieux que les malaisiens : il valait donc la peine de se faire les trois jours de voile pour retourner à Phuket. De plus il a fait très beau et nous avons eu du vent sympa une bonne partie de la journée : ce fut donc un plaisir de revoir les îles superbes qui jalonnent ce trajet.





Et Phuket, direz-vous? En fait nous en connaissons surtout les marchés, supermarchés, quincailleries, magasins d'accastillage  etc...! Nous sommes quand même allés à Phuket Ville avec Paul et Adeline, le lendemain de leur arrivée, histoire qu'ils se reposent et s'habituent au climat avant de partir naviguer. Nous y avons fait un peu de tourisme, sommes allés voir les beaux exemples d'architecture sino-portugaise et les maisons plus simples datant aussi d'un siècle ou deux dans les rues du centre ville ( photos à compléter...).
Certains rénovés....






D'autres qui sont en train de l'être comme la plus ancienne banque étrangère de Thaïlande, la Standard Chartered Bank...




D'autres qui ont bien besoin de l'être...



Vu à Phuket...



Nous avons aussi visité le sanctuaire de la Lumière Sereine, un temple chinois assez typique,  toujours en centre ville, remarquable par sa décoration aux couleurs vives et par ses gravures murales taoïstes.










Nous sommes allés plusieurs fois avec plaisir dans un petit resto local ( rue Phangnga )  assez sympa, bon et pas cher du tout qui vend aussi des livres d'occasion en d'innombrables langues...



L''île de Phuket elle-même ne nous a pas laissé un souvenir impérissable au contraire des autres îles de la côte ouest de la Thaïlande qui sont une pure merveille de la nature. Elles seront tout ce que nous aurons vu de ce pays mais elles nous  auront absolument enchantés.

Notre voyage au Cambodge du 27 janvier au 17 février 2014 dont je parlais plus haut sera le sujet de notre prochain article sur le blog.












vendredi 20 décembre 2013

LE LAOS - PREMIERE PARTIE


 Du 17 février au 13 mars 2013


Le Laos est un pays tout à fait particulier en Asie du Sud-Est. Complètement enclavé, donc sans façade maritime, il a pour voisins la Chine au nord, le Vietnam à l’est, le Cambodge au sud-ouest et la Thaïlande à l’ouest. Contrairement au Myanmar (Birmanie) qui compte 55 millions d’habitants et qui est trois fois plus étendu, la population du Laos ne s’élève qu’à 6,8 millions. Sa situation géographique  fait que ce pays a toujours été dépendant de ses voisins. En dépit de sa neutralité pendant la guerre du Vietnam, le Laos détient le terrible record du pays le plus bombardé de l’histoire mondiale : entre 1964 et 1973, plus de deux millions de tonnes de bombes ont été déversées sur le Laos par l’aviation américaine. 30% de ces bombes n’ont pas explosé et restent dangereuses encore aujourd’hui. Nous en reparlerons lors de notre visite de la plaine des Jarres.
Indépendant depuis 1953, le Laos est dirigé par un gouvernement communiste.

Le 17 février, nous sommes donc partis pour le Laos en compagnie de François et Geneviève du voilier Ultreïa. Trajet par avion de Johor Bahru à Luang Prabang en Malaisie, puis de Luang Prabang à Bangkok en Thaïlande et de Bangkok à Udon Thani, toujours en Thaïlande. Après une nuit à l’hôtel, nous avons fait le court trajet jusqu’à le frontière Laotienne en car. Peu avant la frontière, un tuktuk nous a chargés et emmenés dans une « agence » qui a pris en charge, moyennant une substancielle rétribution, les formalités de visa. Nous nous sommes vite rendus compte qu’il s’agissait d’une petite arnaque car nous pouvions très bien effectuer ces formalités nous-mêmes pour beaucoup moins cher.
Arrivés à Vientiane, nous sommes restés deux jours à l’agréable hôtel Douang Deune.

Vientiane

Capitale du Laos, Vientiane en est la plus grande ville avec 262.000 habitants. Sa visite n’est pas très marquante mais néanmoins agréable. Nous avons loué des vélos pour aller voir la pagode Phat That Luang que nous avons trouvée peu intéressante. Edifié au XVIè siècle, très remaniée au cours de son histoire, pillé au XVIIIè puis maladroitement reconstruit par les Français au XXè, il reste le monument majeur du Laos et apparaît même sur les armoiries nationales.
En chemin, l’arc de triomphe Patuxai construit en ciment dans les années 60.
Beaucoup plus frappante est la pagode Vat Si Saket avec ses milliers de bouddhas. Francine a visité le musée national, en mauvais état mais très intéressant, en particulier en ce qui concerne la guerre d’Indochine, puis celle du Vietnam.
Les rives du Mékong nous ont déçus car nous étions à la saison sèche et le fleuve peu important. Heureusement, nous aurons l’occasion de revoir le Mékong a plusieurs endroits de son cours long de 4300 km.
Le 20 février, nous avons fêté l’anniversaire de Francine avant de prendre le car jusqu’à Vang Vieng à une centaine de km au nord.

Vang Vieng

Entourée de falaises calcaires percées de nombreuses grottes, la petite ville de vang Vieng est devenue le rendez-vous des routards qui souhaitent faire la fête. Des rave parties avec alcohol et drogues se tiennent sur l’île Don Khang que nous avons soigneusement évitée. Nous guesthouse, très simple mais sympa, se trouvait à l’opposé de Don Khang.
Nous avons visité la jolie grotte Tham Jang.
Le lendemain, le 21 février, nouveau départ pour Luang Prabang à 170 km au nord.

Luang Prabang

La réputation de Luang Prabang n’est pas usurpée. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la ville aux bâtiments coloniaux bien restaurés est tout à fait charmante. Située au bord du Mékong, elle doit être visitée à pied en prenant son temps. Notre pension Wat That, tenue par Mala, couturière très sympathique mais apparemment peu active, se trouvait tout près du fleuve et à deux pas d’un excellent restaurant où nous avons pu fêter dignement l’anniversaire de Francine: curry vert thaï et vin rouge !
Le lendemain, 22 février, nous avons visité Luang Prabang à pied. Les berges du Mékong sont magnifiques et les bâtiments qui bordent la rue, des guesthouses pour la plupart, sont tous du style colonial en bon état. Une impression de calme se dégage de ce paysage.
Le monastère Vat Xieng Thong nous a beaucoup plu. Construit autour d’un bâtiment central, un sim, datant de 1560 et récemment restauré, ce temple fut épargné lors du sac de la ville en 1887 par les chinois du Pavillon noir. Leur chef avait été moine dans ce temple et décida d’en faire son quartier général. Une magnifique mosaïque de l’arbre de vie, et de multiples mosaïques en pâte de verre et éclats de miroir décorent les murs. Dans un bâtiment voisin se trouve le char funéraire royal.
De nombreux monastères longent la rue Sakkarin et beaucoup de moines de tous âges parcourent le quartier. Une jolie passerelle traverse la rivière Nam Khan, affluent du Mékong.

Le 23 février, Francine et moi avons joué les touristes en allant faire un tour à dos d’éléphant. François et Geneviève avaient été enthousiasmés par une balade semblable en Thaïlande où ils avaient appris à diriger eux-mêmes l’éléphant. Nous avons été quelque peu déçus car nous avons eu un peu à faire à une arnaque à touristes : promenade écourtée, pas de promenade en solo mais avec l’éléphant dirigé par le cornac et nous avons dû insister pour pouvoir assister au bain de l’éléphant prévu au départ… Néanmoins, l’expérience est intéressante et c’est vraiment impressionnant de se trouver sur le dos d’un animal de cette taille. Moins intéressantes sont les petites singeries imposées à l’éléphant comme le faire jouer de l’armonica, jouer au foot ou même au basquet, ce qu’il fait plutôt bien !
Nouvelle visite de la ville, décidément bien agréable, au retour: monastère Vat Mai.
Nous faisons l’ascension du mont Phu Si qui domine Luang Prabang et attendons le coucher du soleil au milieu de centaines de touristes.
Visite du grand marché de nuit le soir. Ce marché se tient tous les soirs dans la rue pricipale entre 18 et 22 heures. Tout est donc démonté chaque soir.

Le 24 février, nous nous levons avant l’aube pour aller assister à la procession des moines qui sortent mendier leur nourriture quotidienne. La population doit, en effet, les nourrir en leur offrant du riz gluant, des fruits et même de l’argent. On doit être à genoux et porter une écharpe sur l’épaule.
Mais une fois encore, grosse déception ! Ce ne sont pas les locaux qui font les offrandes, mais des centaines de touristes, presque tous japonais, qui ont acheté, sans doute fort cher, le droit de se faire photographier nourrissant les moines. Là encore le business a tout transformé.
Cependant, les files de moines dans leurs bures oranges offrent un spectacle magnifique !
Ensuite, nous sommes partis faire une excursion en bateau jusqu’aux grottes de PakOu. Remontée du Mékong très sympa pendant deux heures, en compagnie de Andrée et Anne. Andrée vit depuis 15 ans au Laos et connaît très bien le pays car mariée à un Laotien. Nous manquerons cependant de temps pour pouvoir profiter de son expérience.En chemin, visite d’un petit village où on distille l’alcool de riz, le Lao Lao.
Retour rapide avec le courant.Nous passons l’après midi à flâner dans les rues, en particulier dans le marché au nombreux petits restos de rue et aussi dans le marché de nuit.

Phonsavan et la Plaine des Jarres

Le 25 février, nous partons pour Phonsavan, trajet en car de 10 heures. En route, le car s’arrête: panne d’embrayage. Le chauffeur ne peut pas réparer et repart en démarrant avec une vitesse engagée: ça marche et même plusieurs fois car il faut s’arrêter pour déposer des passagers et repartir ensuite. On arrive finalement à Phonsavan.

Phonsavan se trouve dans la fameuse  Plaine des Jarres, célèbre à plusieurs titres.
Tout d’abord pour ces fameuses jarres qui se trouvent sur trois sites principaux et qui restent assez mystérieuses. Les archéologues s’accordent à estimer qu’elles ont été taillées dans de la pierre brute entre l’an 500 avant JC et 200 de notre ère. Elles auraient  servi de sarcophages, mais rien ne semble certain. Dans le seul site que nous avons visité, il y en a plus de 300! Peu de couvercles subsistent car ils ont presque tous été récupérés pour servir de meules à grains.
La Plaine des Jarres est devenue célèbre beaucoup plus récemment pendant la guerre du Vietnam qui a opposé le Vietnam Nord aux Etats-Unis de 1964 à 1973 car elle a été le théâtre principal des plus importants bombardements de l’histoire!
Bien que officiellement neutre dans ce conflit, la Plaine des Jarres abritait des camps de soldats nord-vietnamiens qui protégeaient la piste Ho Chi Minh qui reliait le Vietnam Nord au Vietnam Sud en passant par le Laos.
Les chiffres officiels estiment que les USA lâchèrent 2 093 100 tonnes de bombes sur le Laos, le pays le plus bombardé de l’histoire mondiale ! La Laos aurait reçu davantage de bombes pendant cette période que tous les pays concernés par la seconde guerre mondiale. Bombes de tous genres, y compris les fameuses bombes à fragmentation qui s’ouvraient dans le sens de la longueur  pour projeter 670 petites bombes (bombies) . Chaque petite bombe peut exploser au moindre contact en projetant une trentaine de billes d’acier pouvant tuer sur un rayon de 20m. Environ 30% des ces bombettes n’ont pas explosé et beaucoup sont encore dangereuses et plusieurs centaines de personnes sont encore tués ou mutilés chaque année.
Les traces de ces bombardements sont encore bien visibles, en particulier dans le village des bombes où l’on voit encore de nombreux cratères.
Par ailleurs les habitants utilisent les bombes récupérées à des fins diverses : mangeoires, bacs pour plantes aromatique ou piliers pour certaines cases…
Nous avons visité deux grottes qui ont servi de refuge aux soldats nord-vietnamiens:
L’une était un hôpital.

Xamnua

Le 27 février, nous avons pris un mini-car pour Xamnua, ville située au nord-est de Phonsavan, proche de la frontière nord vietnamienne.
En route, le car doit s’arrêter pendant une bonne heure car deux gros camions se sont légèrement accrochés dans un virage. Les dégâts son minimes, mais aucune des deux chauffeurs ne veut bouger. Après une heure le palabre, ils acceptent de dégager a route…
On arrive finalement à Xamnua.

Xamnua n’est pas un endroit bien intéressant mais nous a servi d’étape pour la suite du voyage.
Pour la première fois, nous avons été réveillés vers 5h30 par la radio gouvernementale diffusant musique et messages de propagande au moyen de haut-parleurs.
Le matin du 28 février, nous avons visité le grand marché et nous avons ait une visite de la ville l’après-midi.

Le 1er mars, nouveau trajet en car de 11 heures jusqu’à Pat Mong, ville carrefour sans intérêt. Comme dans tous ces longs trajets en car, le même chauffeur conduit pendant tout le trajet sur des routes sinueuses, avec de courts arrêts d’environ 30 minutes. Le chauffeur accumule donc des heures de conduite, ce qu’aucun chauffeur ne pourrait faire en Europe. Le car qui nous a déposés à Pat Mong continuait jusqu’à Vientiane à une vingtaine d’heures de là : j’imagine mal le même chauffeur effectuer tout ce trajet, mais qui sait ?...
Le lendemain nous attendons le bus pour Muang Sing, via Luang Namtha. Il doit passer à 6h ou 7h ou 8h ou 10h ?... Des particuliers nous prennent finalement à bord de leur mini-bus moyennant finances et nous laissent la mauvaise gare routière à Luang Namtha. Après négociations, ils acceptent de nous payer le tuktuk jusqu’à la bonne gare où nous embarquons dans un mini-bus surchargé qui, après une panne d’une heure, nous amène à Muang Sing. Nous logeons dans une guesthouse toute simple au milieu des rizières.

Muang Sing
Muang Sing est une petite ville qui se trouve à une vingtaine de km de la frontière chinoise.
Nous louons des motos pour visiter les villages alentours où nous devons voir des ethnies différentes. En fait, nous allons dans deux villages Akha. Dans le premier, tous les enfants se précipitent vers nous en criant « money ! Money ! ». Les adultes aussi demandent des cadeaux. Ils sont certainement habitués à voir débarquer des cars de touristes.
Dans l’autre village tout proche, rien de tout ceci. Des femmes portant la coiffe traditionnelle nous vendent des broderies et un petit bonnet pour enfant.
Nous allons jusqu’au poste frontière Sino-Laotien mais, comme un no man’s land de 3m sépare le Laos de la Chine, nous ne pouvons pas voir ce pays mythique. Qu’importe ! Nous y étions, ou presque !
Nous voyons plusieurs camions immatriculés en Chine chargés de bananes ou de pastèques. Dans un village, on charge un autre camion de pastèque sous l’œil sévère des acheteurs chinois.
Nous repassons dans un village Hmong tout près de Luang Sing où nous étions déjà allés à pied. Francine avait appris qu’un mariage devait s’y tenir. En effet, des centaines de convives magnifiquement vêtus sont là. La musique et tonitruante. On nous invite à nous asseoir et à partager le repas et le laolao, l’alcool de riz, mais il est trop tard etla musique est décidément trop forte. On nous offre de la bière et on se fait prendre en photo.
Le lendemain, nous allons au marché de Muang Sing, toujours pour voir des costumes ethniques. Là encore, nous sommes un peu déçus, bien que nous voyons quelques belles coiffes.
Muang Sing – Luang Namtha – Vientiane – Pakse

Nous partons pour un très long voyage car nous devons traverser la presque totalité du voyage du nord au sud. Nous avons choisi de prendre l’avion de Luang Namtha à Vientiane et un car de nuit de Vientiane à Pakse.
Tout se passe bien. Mini-car jusqu’à Luang Namtha, transfert à l’aéroport en tuktuk, avion et transfert à la gare routière de Vintiane en nini-bus. Là nous montons dans un car VIP Sleeper et nous nous allongeons sur des couchettes assez confortables. Le trajet prend toute la nuit et nous arrivons en pleine forme à Pakse à la guesthouse Sabadi 2 très confortable. Le patron, Mr Vong, qui a vécu longtemps en France parle très bien le Français.

Pakse
Pakse, ville principale du sud du Laos, se trouve sur la rive du Mékong. Nous avons pris un tuktuk pour aller visiter l’île Don Kho à 15 km au nord. Une petite île très calme, sans véhicules, que l’on visite à pied.
Après deux jours à Pakse, nous avons pris une pirogue à moteur appartenant à notre guesthouse pour aller à Champasak. Trajet de deux heures très agréable et installation à Vong Paseud guesthouse qui possède une très belle terrasse sur le Mékong mais dont les chambres sont passablement dégradées. Pas de climatiseur mais un ventilateur un peu insuffisant car la température était difficilement supportable à la mi-journée. Mais un prix défiant toute concurrence : 4 € la nuit !...
Champasak est une petite ville peu animée qui compte un nombre impressionnant de guesthouses.
Nous avons à nouveau loué des motos,  en très mauvais état : pas de freins ou presque et boîte de vitesse quasiment hors d’usage : il fallait donner des coups de pied pour passer les vitesses !... Nous voulions aller dans un village au sud de Champasak où, paraît-il, on voit encore des éléphants travailler. Après avoir traversé le Mékong sur une sorte de petit ferry catamaran rustique, nous avons fait un long parcours dont une quarantaine de km sur une piste heureusement assez bonne pour arriver dans ce village où personne n’a pu nous dire s’il y avait des éléphants. Il a fallu repartir rapidement car la nuit tombait. Le retour sur la piste a été pénible derrière un camion qui soulevait un énorme nuage de poussière, puis  de nuit sur la route avec un phare très insuffisant. Nous avons évité de justesse une collision avec une vache qui traversait.
Le lendemain, nous sommes allés visiter le beau temple Kmer Vat Phu, un des édifices majeurs du Laos.
Construit vers le Xè siècle, la plupart des bâtiments sont en ruine, en dépit de restaurations multiples entreprises depuis le classement du site au patrimoine mondial de l’Unesco. Les différents bâtiments se trouvent sur trois niveaux sur le flanc de la montagne d’où coule une source sacrée. Du plus haut niveau, la vue sur le site est magnifique. Une chaussée reliait Vat Phu au temple d’Angkor au Cambodge.
Nous avons passé deux jours à Champasak. Les patrons de notre guesthouse, qui parlent assez bien français, préparaient le baptême de leur petite fille. Plusieurs bouquets étaient recouverts de liasses de billets de banque destinés à être offerts au temple.
Un court trajet en mini-bus puis en pirogue nous a amené à un bus pour aller à l’embarcadère pour les îles Don Det et Don Khon qui se trouvent sur le Mékong. Deux petite îles très calmes à l’on se promène à pied ou à vélo. A Don Khon, nous avons trouvé deux chambres magnifiques avec climatisation (ouf !) et une terrasse donnant directement sur le fleuve.
Don Khon se trouve juste en amont de chutes très impressionnantes sur le Mékong. Dans la deuxième moité du XIXè, les colons français voulaient établir une voie de communication fluviale sur le Mékong pour pouvoir aller jusqu’en Chine. Hélas, ces chutes empêchaient la navigation. Ils ont donc construits des bateaux démontables en trois parties qu’ils ont démontés avant les chutes pour les transporter sur les îles Don Khon et Don Det avant de les ré-assembler en amont des chutes. Un chemin de fer et un pont ont ensuite été construits pour transporter les marchandises. Peu de traces restent : une vieille locomotive, le pont et l’ancienne voie qui est maintenant une route.
Nous avons beaucoup aimé le calme de ces îles. Un peu comme à Vang Vieng, le nord de Don Det est couvert d’hôtels et de bars où les touristes font, paraît-il, des fêtes alcoolisées avec drogue, mais rien ne parvenait à Don Khon. Nous y avons rencontré Jean Claude et Mireille du golfe du Morbihan en vacances en Asie du Sud-Est.
Notre séjour au Laos se terminait et nous sommes repartis en car pour Pakse, puis en mini-bus pour Ubon Ratchatani en Thaïlande. De là, nous avons pris l’avion pour Bangkock puis pour Kuala Lumpur en Malaisie et enfin pour Johor Bahru, toujours en Malaisie pour revenir chez nous sur le bateau à Puteri Marina.

Comme en Birmanie, l’obstacle de la langue a rendu la communication très difficile, voire impossible, avec les Laotiens. Un peuple très calme qui laisse les visiteurs en paix : en fait ils semblent, en général, assez indifférents à l’encontre des Indonésiens, des Birmans ou des Malaisiens qui viennent vers les touristes et cherchent le contact.

vendredi 6 décembre 2013

LE LAOS - PREMIERE PARTIE : Vientiane,

LE LAOS

(voyage du 17 février au 13 mars 2013)

LA CAPITALE VIENTIANE
Le Laos est un pays d'Asie du Sud-Est  tout à fait particulier . Complètement enclavé, donc sans façade maritime, il a pour voisins la Chine au nord, le Vietnam à l’est, le Cambodge au sud-ouest et la Thaïlande à l’ouest. Contrairement au Myanmar (Birmanie) qui compte 55 millions d’habitants et qui est trois fois plus étendu, la population du Laos ne s’élève qu’à 6,8 millions. Sa situation géographique  fait que ce pays a toujours été dépendant de ses voisins. En dépit de sa neutralité pendant la guerre du Vietnam, le Laos détient le terrible record du pays le plus bombardé de l’histoire mondiale : entre 1964 et 1973, plus de deux millions de tonnes de bombes ont été déversées sur le Laos par l’aviation américaine. 30% de ces bombes n’ont pas explosé et restent dangereuses encore aujourd’hui. Nous en reparlerons lors de notre récit sur  la plaine des Jarres.
Indépendant depuis 1953, le Laos est dirigé par un gouvernement communiste.

Le 17 février, nous sommes donc partis pour le Laos en compagnie de François et Geneviève du voilier Ultreïa. Trajet par avion de Johor Bahru à Kuala Lumpur en Malaisie, puis de Kuala Lumpur à Bangkok en Thaïlande et de Bangkok à Udon Thani, toujours en Thaïlande. Après une nuit au joli et confortable hôtel Thomas Udon Thani Guesthouse tenu par un allemand ...






nous avons fait le court trajet jusqu’à la frontière laotienne en car. Peu avant la frontière, un tuktuk nous a chargés et emmenés dans une « agence » qui a pris en charge, moyennant une substantielle rétribution, les formalités de visa. Nous nous sommes vite rendu compte qu’il s’agissait d’une petite arnaque car nous pouvions très bien effectuer ces formalités nous-mêmes pour beaucoup moins cher.
Arrivés à Vientiane, nous sommes restés deux jours à l’ hôtel Douang Deune, un hôtel agréable.

Vientiane

Capitale du Laos, Vientiane en est la plus grande ville avec 262 000 habitants. Sa visite, pas très marquante, est néanmoins agréable.
La première chose qui nous a frappés sont les faisceaux de cables électriques qui longent ou traversent les rues. Certains vont jusqu'à boucher la vue d'appartements!




Les laotiens sont réputés pour être très cools. Effectivement! Et ils sont très organisés!



Nous avons loué des vélos pour aller visiter les monuments principaux de la ville qui est peu étendue. Nous sommes d'abord allés voir la pagode Pha That Luang que nous avons trouvée peu intéressante.
En fait elle se trouve sur une immense esplanade sur laquelle se dressent plusieurs autres édifices religieux. Edifiée au XVIème siècle, très remaniée au cours de son histoire, pillée au XVIIIème puis maladroitement reconstruit par les Français au XXème, elle reste le monument majeur du Laos et apparaît même sur les armoiries nationales. Certains des bâtiments l'entourant sont plus intéressants...


























En chemin, l’arc de triomphe Patuxai construit en ciment dans les années 60...


Beaucoup plus frappante est la pagode Vat Si Saket avec ses milliers de bouddhas. Ce serait le plus ancien temple de Vientiane. Dans des niches, sur des étagères, assis, couchés, debout, il y en a partout, de toutes les tailles et de toutes les matières!













Sur un côté du cloître sont entassés tout autant de bouddhas endommagés pendant la guerre lao-siamoise de 1828.



Francine a visité le Musée National, en mauvais état mais très intéressant, en particulier en ce qui concerne la guerre d’Indochine, puis celle du Vietnam. Elle évoque aussi bien sûr la lutte du Pathet Lao pour accéder au pouvoir.
Les rives du Mékong nous ont déçus car nous étions à la saison sèche et le fleuve peu important. Heureusement, nous aurons l’occasion de revoir le Mékong à plusieurs endroits de son cours long de 4300 km.
Le 20 février, nous avons fêté l’anniversaire de Francine avant de prendre le car jusqu’à Vang Vieng à une centaine de km au nord.





















VANG VIEN

Entourée de falaises calcaires percées de nombreuses grottes, la petite ville de vang Vieng est devenue le rendez-vous des routards qui souhaitent faire la fête. Des rave parties avec alcohol et drogues se tiennent sur l’île Don Khang que nous avons soigneusement évitée. Nous guesthouse, très simple mais sympa, se trouvait à l’opposé de Don Khang.
Nous avons visité la jolie grotte Tham Jang.
Le lendemain, le 21 février, nouveau départ pour Luang Prabang à 170 km au nord.

Luang Prabang

La réputation de Luang Prabang n’est pas usurpée. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la ville aux bâtiments coloniaux bien restaurés est tout à fait charmante. Située au bord du Mékong, elle doit être visitée à pied en prenant son temps. Notre pension Wat That, tenue par Mala, couturière très sympathique mais apparemment peu active, se trouvait tout près du fleuve et à deux pas d’un excellent restaurant où nous avons pu fêter dignement l’anniversaire de Francine: curry vert thaï et vin rouge !
Le lendemain, 22 février, nous avons visité Luang Prabang à pied. Les berges du Mékong sont magnifiques et les bâtiments qui bordent la rue, des guesthouses pour la plupart, sont tous du style colonial en bon état. Une impression de calme se dégage de ce paysage.
Le monastère Vat Xieng Thong nous a beaucoup plu. Construit autour d’un bâtiment central, un sim, datant de 1560 et récemment restauré, ce temple fut épargné lors du sac de la ville en 1887 par les chinois du Pavillon noir. Leur chef avait été moine dans ce temple et décida d’en faire son quartier général. Une magnifique mosaïque de l’arbre de vie, et de multiples mosaïques en pâte de verre et éclats de miroir décorent les murs. Dans un bâtiment voisin se trouve le char funéraire royal.
De nombreux monastères longent la rue Sakkarin et beaucoup de moines de tous âges parcourent le quartier. Une jolie passerelle traverse la rivière Nam Khan, affluent du Mékong.

Le 23 février, Francine et moi avons joué les touristes en allant faire un tour à dos d’éléphant. François et Geneviève avaient été enthousiasmés par une balade semblable en Thaïlande où ils avaient appris à diriger eux-mêmes l’éléphant. Nous avons été un peu déçus car nous avons eu un peu à faire à une arnaque à touristes : promenade écourtée, pas de promenade en solo mais avec l’éléphant dirigé par le cornac et nous avons dû insister pour pouvoir assister au bain de l’éléphant prévu au départ… Néanmoins, l’expérience est intéressante et c’est vraiment impressionnant de se trouver sur le dos d’un animal de cette taille. Moins intéressantes sont les petites singeries imposées à l’éléphant comme le faire jouer de l’armonica, jouer au foot ou même au basquet, ce qu’il fait plutôt bien !
Nouvelle visite de la ville, décidément bien agréable, au retour: monastère Vat Mai.
Nous faisons l’ascension du mont Phu Si qui domine Luang Prabang et attendons le coucher du soleil au milieu de centaines de touristes.
Visite du grand marché de nuit le soir. Ce marché se tient tous les soirs dans la rue pricipale entre 18 et 22 heures. Tout est donc démonté chaque soir.


Le 24 février, nous nous levons avant l’aube pour aller assister à la procession des moines qui sortent mendier leur nourriture quotidienne. La population doit, en effet, les nourrir en leur offrant du riz gluant, des fruits et même de l’argent. On doit être à genoux et porter une écharpe sur l’épaule.
Mais une fois encore, grosse déception ! Ce ne sont pas les locaux qui font les offrandes, mais des centaines de touristes, presque tous japonais, qui ont acheté, sans doute fort cher, le droit de se faire photographier nourrissant les moines. Là encore le business a tout transformé.
Cependant, les files de moines dans leurs bures oranges offrent un spectacle magnifique !
Ensuite, nous sommes partis faire une excursion en bateau jusqu’aux grottes de PakOu. Remontée du Mékong très sympa pendant deux heures, en compagnie de Andrée et Anne. Andrée vit depuis 15 ans au Laos et connaît très bien le pays car mariée à un Laotien. Nous manquerons cependant de temps pour pouvoir profiter de son expérience.En chemin, visite d’un petit village où on distille l’alcool de riz, le Lao Lao.
Retour rapide avec le courant.Nous passons l’après midi à flâner dans les rues, en particulier dans le marché au nombreux petits restos de rue et aussi dans le marché de nuit.

Phonsavan et la Plaine des Jarres

Le 25 février, nous partons pour Phonsavan, trajet en car de 10 heures. En route, le car s’arrête: panne d’embrayage. Le chauffeur ne peut pas réparer et repart en démarrant avec une vitesse engagée: ça marche et même plusieurs fois car il faut s’arrêter pour déposer des passagers et repartir ensuite. On arrive finalement à Phonsavan.

Phonsavan se trouve dans la fameuse  Plaine des Jarres, célèbre à plusieurs titres.
Tout d’abord pour ces fameuses jarres qui se trouvent sur trois sites principaux et qui restent assez mystérieuses. Les archéologues s’accordent à estimer qu’elles ont été taillées dans de la pierre brute entre l’an 500 avant JC et 200 de notre ère. Elles auraient  servi de sarcophages, mais rien ne semble certain. Dans le seul site que nous avons visité, il y en a plus de 300! Peu de couvercles subsistent car ils ont presque tous été récupérés pour servir de meules à grains.
La Plaine des Jarres est devenue célèbre beaucoup plus récemment pendant la guerre du Vietnam qui a opposé le Vietnam Nord aux Etats-Unis de 1964 à 1973 car elle a été le théâtre principal des plus importants bombardements de l’histoire!
Bien que officiellement neutre dans ce conflit, la Plaine des Jarres abritait des camps de soldats nord-vietnamiens qui protégeaient la piste Ho Chi Minh qui reliait le Vietnam Nord au Vietnam Sud en passant par le Laos.
Les chiffres officiels estiment que les USA lâchèrent 2 093 100 tonnes de bombes sur le Laos, le pays le plus bombardé de l’histoire mondiale ! La Laos aurait reçu davantage de bombes pendant cette période que tous les pays concernés par la seconde guerre mondiale. Bombes de tous genres, y compris les fameuses bombes à fragmentation qui s’ouvraient dans le sens de la longueur  pour projeter 670 petites bombes (bombies) . Chaque petite bombe peut exploser au moindre contact en projetant une trentaine de billes d’acier pouvant tuer sur un rayon de 20m. Environ 30% des ces bombettes n’ont pas explosé et beaucoup sont encore dangereuses et plusieurs centaines de personnes sont encore tués ou mutilés chaque année.
Les traces de ces bombardements sont encore bien visibles, en particulier dans le village des bombes où l’on voit encore de nombreux cratères.
Par ailleurs les habitants utilisent les bombes récupérées à des fins diverses : mangeoires, bacs pour plantes aromatique ou piliers pour certaines cases…
Nous avons visité deux grottes qui ont servi de refuge aux soldats nord-vietnamiens:
L’une était un hôpital.

Xamnua

Le 27 février, nous avons pris un mini-car pour Xamnua, ville située au nord-est de Phonsavan, proche de la frontière nord vietnamienne.
En route, le car doit s’arrêter pendant une bonne heure car deux gros camions se sont légèrement accrochés dans un virage. Les dégâts son minimes, mais aucune des deux chauffeurs ne veut bouger. Après une heure le palabre, ils acceptent de dégager a route…
On arrive finalement à Xamnua.

Xamnua n’est pas un endroit bien intéressant mais nous a servi d’étape pour la suite du voyage.
Pour la première fois, nous avons été réveillés vers 5h30 par la radio gouvernementale diffusant musique et messages de propagande au moyen de haut-parleurs.
Le matin du 28 février, nous avons visité le grand marché et nous avons ait une visite de la ville l’après-midi.

Le 1er mars, nouveau trajet en car de 11 heures jusqu’à Pat Mong, ville carrefour sans intérêt. Comme dans tous ces longs trajets en car, le même chauffeur conduit pendant tout le trajet sur des routes sinueuses, avec de courts arrêts d’environ 30 minutes. Le chauffeur accumule donc des heures de conduite, ce qu’aucun chauffeur ne pourrait faire en Europe. Le car qui nous a déposés à Pat Mong continuait jusqu’à Vientiane à une vingtaine d’heures de là : j’imagine mal le même chauffeur effectuer tout ce trajet, mais qui sait ?...
Le lendemain nous attendons le bus pour Muang Sing, via Luang Namtha. Il doit passer à 6h ou 7h ou 8h ou 10h ?... Des particuliers nous prennent finalement à bord de leur mini-bus moyennant finances et nous laissent la mauvaise gare routière à Luang Namtha. Après négociations, ils acceptent de nous payer le tuktuk jusqu’à la bonne gare où nous embarquons dans un mini-bus surchargé qui, après une panne d’une heure, nous amène à Muang Sing. Nous logeons dans une guesthouse toute simple au milieu des rizières.

Muang Sing
Muang Sing est une petite ville qui se trouve à une vingtaine de km de la frontière chinoise.
Nous louons des motos pour visiter les villages alentours où nous devons voir des ethnies différentes. En fait, nous allons dans deux villages Akha. Dans le premier, tous les enfants se précipitent vers nous en criant « money ! Money ! ». Les adultes aussi demandent des cadeaux. Ils sont certainement habitués à voir débarquer des cars de touristes.
Dans l’autre village tout proche, rien de tout ceci. Des femmes portant la coiffe traditionnelle nous vendent des broderies et un petit bonnet pour enfant.
Nous allons jusqu’au poste frontière Sino-Laotien mais, comme un no man’s land de 3m sépare le Laos de la Chine, nous ne pouvons pas voir ce pays mythique. Qu’importe ! Nous y étions, ou presque !
Nous voyons plusieurs camions immatriculés en Chine chargés de bananes ou de pastèques. Dans un village, on charge un autre camion de pastèque sous l’œil sévère des acheteurs chinois.
Nous repassons dans un village Hmong tout près de Luang Sing où nous étions déjà allés à pied. Francine avait appris qu’un mariage devait s’y tenir. En effet, des centaines de convives magnifiquement vêtus sont là. La musique et tonitruante. On nous invite à nous asseoir et à partager le repas et le laolao, l’alcool de riz, mais il est trop tard etla musique est décidément trop forte. On nous offre de la bière et on se fait prendre en photo.
Le lendemain, nous allons au marché de Muang Sing, toujours pour voir des costumes ethniques. Là encore, nous sommes un peu déçus, bien que nous voyons quelques belles coiffes.
Muang Sing – Luang Namtha – Vientiane – Pakse

Nous partons pour un très long voyage car nous devons traverser la presque totalité du voyage du nord au sud. Nous avons choisi de prendre l’avion de Luang Namtha à Vientiane et un car de nuit de Vientiane à Pakse.
Tout se passe bien. Mini-car jusqu’à Luang Namtha, transfert à l’aéroport en tuktuk, avion et transfert à la gare routière de Vintiane en nini-bus. Là nous montons dans un car VIP Sleeper et nous nous allongeons sur des couchettes assez confortables. Le trajet prend toute la nuit et nous arrivons en pleine forme à Pakse à la guesthouse Sabadi 2 très confortable. Le patron, Mr Vong, qui a vécu longtemps en France parle très bien le Français.

Pakse
Pakse, ville principale du sud du Laos, se trouve sur la rive du Mékong. Nous avons pris un tuktuk pour aller visiter l’île Don Kho à 15 km au nord. Une petite île très calme, sans véhicules, que l’on visite à pied.
Après deux jours à Pakse, nous avons pris une pirogue à moteur appartenant à notre guesthouse pour aller à Champasak. Trajet de deux heures très agréable et installation à Vong Paseud guesthouse qui possède une très belle terrasse sur le Mékong mais dont les chambres sont passablement dégradées. Pas de climatiseur mais un ventilateur un peu insuffisant car la température était difficilement supportable à la mi-journée. Mais un prix défiant toute concurrence : 4 € la nuit !...
Champasak est une petite ville peu animée qui compte un nombre impressionnant de guesthouses.
Nous avons à nouveau loué des motos,  en très mauvais état : pas de freins ou presque et boîte de vitesse quasiment hors d’usage : il fallait donner des coups de pied pour passer les vitesses !... Nous voulions aller dans un village au sud de Champasak où, paraît-il, on voit encore des éléphants travailler. Après avoir traversé le Mékong sur une sorte de petit ferry catamaran rustique, nous avons fait un long parcours dont une quarantaine de km sur une piste heureusement assez bonne pour arriver dans ce village où personne n’a pu nous dire s’il y avait des éléphants. Il a fallu repartir rapidement car la nuit tombait. Le retour sur la piste a été pénible derrière un camion qui soulevait un énorme nuage de poussière, puis  de nuit sur la route avec un phare très insuffisant. Nous avons évité de justesse une collision avec une vache qui traversait.
Le lendemain, nous sommes allés visiter le beau temple Kmer Vat Phu, un des édifices majeurs du Laos.
Construit vers le Xè siècle, la plupart des bâtiments sont en ruine, en dépit de restaurations multiples entreprises depuis le classement du site au patrimoine mondial de l’Unesco. Les différents bâtiments se trouvent sur trois niveaux sur le flanc de la montagne d’où coule une source sacrée. Du plus haut niveau, la vue sur le site est magnifique. Une chaussée reliait Vat Phu au temple d’Angkor au Cambodge.
Nous avons passé deux jours à Champasak. Les patrons de notre guesthouse, qui parlent assez bien français, préparaient le baptême de leur petite fille. Plusieurs bouquets étaient recouverts de liasses de billets de banque destinés à être offerts au temple.
Un court trajet en mini-bus puis en pirogue nous a amené à un bus pour aller à l’embarcadère pour les îles Don Det et Don Khon qui se trouvent sur le Mékong. Deux petite îles très calmes à l’on se promène à pied ou à vélo. A Don Khon, nous avons trouvé deux chambres magnifiques avec climatisation (ouf !) et une terrasse donnant directement sur le fleuve.
Don Khon se trouve juste en amont de chutes très impressionnantes sur le Mékong. Dans la deuxième moité du XIXè, les colons français voulaient établir une voie de communication fluviale sur le Mékong pour pouvoir aller jusqu’en Chine. Hélas, ces chutes empêchaient la navigation. Ils ont donc construits des bateaux démontables en trois parties qu’ils ont démontés avant les chutes pour les transporter sur les îles Don Khon et Don Det avant de les ré-assembler en amont des chutes. Un chemin de fer et un pont ont ensuite été construits pour transporter les marchandises. Peu de traces restent : une vieille locomotive, le pont et l’ancienne voie qui est maintenant une route.
Nous avons beaucoup aimé le calme de ces îles. Un peu comme à Vang Vieng, le nord de Don Det est couvert d’hôtels et de bars où les touristes font, paraît-il, des fêtes alcoolisées avec drogue, mais rien ne parvenait à Don Khon. Nous y avons rencontré Jean Claude et Mireille du golfe du Morbihan en vacances en Asie du Sud-Est.
Notre séjour au Laos se terminait et nous sommes repartis en car pour Pakse, puis en mini-bus pour Ubon Ratchatani en Thaïlande. De là, nous avons pris l’avion pour Bangkock puis pour Kuala Lumpur en Malaisie et enfin pour Johor Bahru, toujours en Malaisie pour revenir chez nous sur le bateau à Puteri Marina.

Comme en Birmanie, l’obstacle de la langue a rendu la communication très difficile, voire impossible, avec les Laotiens. Un peuple très calme qui laisse les visiteurs en paix : en fait ils semblent, en général, assez indifférents à l’encontre des Indonésiens, des Birmans ou des Malaisiens qui viennent vers les touristes et cherchent le contact.

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